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Impôts: Uber et Lyft ne paierait pas leur juste part

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Uber et son concurrent américain Lyft parviennent à éviter de payer annuellement des millions de dollars en impôts au Canada, selon une étude parue lundi.

De façon tout à fait légale, Uber et Lyft évitent de payer environ 135 millions $ par année en impôts canadiens, dont environ 81 millions $ en cotisations à l'assurance-emploi et au Régime de pensions du Canada et jusqu'à 54 millions $ en impôts des sociétés, a révélé une étude menée par l’organisme militant Canadiens pour une fiscalité équitable.

Les deux sociétés de San Francisco considèrent leurs chauffeurs comme des entrepreneurs indépendants plutôt que comme des employés. Ainsi, dans le reste du Canada, Uber et Lyft se sauvent d’un paiement d’environ 217 millions de dollars en TPS/TVH, puisqu’elles font porter la responsabilité de percevoir ces taxes à leurs chauffeurs, à l'exception du Québec, a indiqué l’organisme qui milite en faveur des politiques fiscales justes et progressistes.

«Uber et Lyft devraient pourtant percevoir le plein tarif, y compris la taxe de vente», a déclaré l'économiste doctorant D.T. Cochrane, auteur du rapport.

«Il n'y a aucune raison pour qu'ils ne puissent pas remettre la taxe à l'ARC au lieu de placer le fardeau sur les conducteurs», a ajouté l'économiste.

Le rapport soutient également que, puisque ces entreprises prétendent exploiter des marchés numériques plutôt que des services de transport, le gouvernement fédéral devrait veiller à ce que Uber et Lyft soient soumis à leur taxe prévue de 3 % sur les services numériques, qui générerait environ 60 millions $ par an.

«Uber et Lyft dépendent des infrastructures publiques. En appliquant la taxe sur les services numériques à leurs revenus, le gouvernement s'assurera qu'ils contribuent au coût de ces infrastructures», a soulevé M. Cochrane.

L’économiste demande aux gouvernements de soumettre les sociétés de covoiturage aux mêmes règles de sécurité et de réglementation que les autres sociétés de transport et de taxi et d’arrêter les initiatives visant à contracter et à acheter des services de transport en commun via Uber, Lyft et d'autres sociétés de covoiturage.

Selon le docteur en économie, il faudrait exiger qu'Uber, Lyft, ainsi que toutes les grandes multinationales opérant au Canada divulguent publiquement leurs états financiers, y compris les revenus, les bénéfices et les impôts payés pays par pays. Et finalement, qu'Uber, Lyft et les autres sociétés multinationales de covoiturage paient leur juste part d'impôt sur les sociétés, notamment en les soumettant à la taxe sur les services numériques prévue.