/world/opinion/columnists
Navigation

Le défi américain en éducation et le Québec

US-POLITICS-EDUCATION-BIDEN
Photo AFP Le président américain, Joe Biden, a présenté son plan en éducation le 2 juillet dernier, à Washington.

Coup d'oeil sur cet article

Quelle est la grande priorité nationale de Joe Biden ? La Chine ? Les infrastructures ? La lutte contre les républicains ? Non. Sa grande priorité est l’éducation. Et nous ferions bien de nous adapter parce que sinon, nous risquons de perdre une partie des avantages compétitifs que nous avons sur les États-Unis.

• À lire aussi: Face au virus, Biden célèbre une victoire, pas la fin de la guerre

La semaine dernière, dans son discours au Congrès, Biden a soutenu que si les États-Unis sont parvenus à dominer le 20e siècle, c’est d’abord parce que leur population était plus éduquée qu’ailleurs dans le monde. 

Mais peu importe, Biden veut porter de 12 à 16 le nombre d’années de scolarité obligatoire et gratuite. Il veut le faire en envoyant les enfants plus jeunes à l’école et en augmentant la formation offerte par les collèges communautaires (un peu l’équivalent de nos cégeps). 

Que Biden réussisse ou non à réformer l’éducation, il soulève un enjeu essentiel de la compétitivité internationale du Québec : la main-d’œuvre des autres sociétés industrialisées est de mieux en mieux formée. 

Si le Québec veut demeurer compétitif, il devra lui aussi améliorer la formation de ses travailleurs. Le défi en devient urgent.

Bonne nouvelle

La bonne nouvelle est que cette formation peut être facilement étendue en bas âge. Des programmes de développement pour les tout-petits de 0 à 4 ans (oui, si jeunes !) donnent des résultats documentés impressionnants. Ces programmes, fondés sur les chansons, les histoires et les comptines, fonctionnent très bien à raison d’une ou deux séances par semaine, en présence des parents.

Le renforcement de l’éducation aux cycles avancés est plus difficile à obtenir. Les programmes de performance mis en place par François Legault, à l’époque où il était ministre de l’Éducation, ont eu des effets pervers. Certes, le nombre de diplômés a augmenté, mais la valeur de certains diplômes a diminué, et surtout, de crainte de perdre de manière irrémédiable du financement, les administrations universitaires exercent sur plusieurs départements des pressions pour qu’ils diplôment un maximum d’étudiants.

Pistes de solution

D’autre part, une question fondamentale est rarement posée : quel est le pourcentage de la population qui a les capacités requises pour mener des études plus longues ? De nombreux programmes professionnels longs restent désertés.

Comment concrètement augmenter le niveau d’éducation générale, en particulier celui des garçons, qui est maintenant plus faible que celui des filles ? Plusieurs pistes de solutions sont possibles. 

Sans doute faut-il éviter des modèles comme ceux de la Corée ou du Japon où les enfants sont privés de vie familiale et de vie sociale en dehors de l’école en raison de longues heures d’études supplémentaires.

Il serait temps de briser le quasi-monopole des sciences de l’éducation dans l’enseignement secondaire et en rouvrir l’accès aux détenteurs de maîtrises.

De même, il faut cesser de financer les écoles qui imposent une éducation fondamentaliste religieuse et qui gâchent tant de vies et de vocations professionnelles.