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Les jasettes du déconfinement

GEN-Photos d’ambience de beau temps de Montréal
Photo d'archives, Agence QMI La population est de retour sur les terrasses du Vieux-Montréal.

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Ça y est, après dix mois d’attente, j’ai eu le plaisir la semaine dernière de retourner dans ma région natale pour revoir mes parents et mes beaux-parents, et souper avec eux. Ils avaient bien hâte eux aussi de revoir leurs petits-enfants qui changent à vue d’œil à l’adolescence. À ma grande surprise, après cinq minutes, c’était comme si c’était hier, comme s’il n’y avait pas eu de pandémie, comme si nous nous étions vus la veille.  

En fait, ce qui m’a frappée dans les nombreuses discussions, c’est à quel point aujourd’hui plusieurs familles sont divisées en raison de la pandémie. Des familles qui étaient pourtant unies, mais dont la position sur le fameux virus et le choix de ne pas se faire vacciner a tout changé.  

Ce n’est jamais évident de devoir dire à son enfant, un ami, un frère ou une sœur, qu’il n’est pas le bienvenu à la maison s’il n’a pas reçu le précieux vaccin qui permet de nous protéger contre la COVID-19. Ça crée des froids, des malaises et des chicanes qui risquent de laisser des traces même après la pandémie.

Les perceptions qu’on pouvait avoir à l’endroit de certaines personnes qu’on croyait de nature bienveillante ont changé. Il est parfois surprenant de constater à quel point ces gens ont des positions qui nous semblent irrationnelles.  

Il y a toujours eu des sujets plus sensibles qui pouvaient provoquer de bons débats, comme les discussions sur la politique, le sport ou l’argent, mais sans aller jusqu’à se moquer de la santé des proches. Et c’est là que le bât blesse. Plusieurs personnes qui ont une peur bleue d’attraper le virus ou de le transmettre ne se sentent plus respectées par leurs proches qui refusent de se faire vacciner. L’incompréhension est totale.

Des expériences positives

Heureusement, la pandémie a aussi permis de faire de belles découvertes. J’ai entendu plusieurs parents dire à quel point ils avaient goûté ces moments privilégiés de proximité en famille sans avoir la pression de la routine du matin, du trafic le jour et la préparation des boîtes à lunch le soir. Nombreux sont ceux qui souhaitent poursuivre le télétravail, du moins, en partie.

Même chose chez les étudiants. Même si de façon générale, ils sont contents de reprendre l’enseignement en présentiel, plusieurs aimeraient une formule hybride. Opinion partagée pour celles et ceux qui siègent à des conseils d’administration. Ils ont aimé l’efficacité des réunions virtuelles qui évitent des déplacements obligatoires en soirée, mais estiment qu’une formule mixte est à privilégier pour pouvoir aussi échanger en personne de temps en temps.  

Quant aux cinq-à-sept en ligne entre amis ou aux rencontres familiales virtuelles, la majorité des gens semble avoir apprécié l’expérience pendant la pandémie, mais tous semblent très heureux de pouvoir enfin renouer avec le « présentiel » qui permet des rencontres beaucoup plus chaleureuses.  

Et que dire de l’expérience de la télémédecine ? Certains ont aimé, d’autres moins, mais tous estiment que ça devrait rester, du moins en partie, pour certaines consultations ou certains types de patients.

Décidément, la pandémie alimente les discussions et ce ne sont pas les sujets qui manquent pour les vacances. Il y a cependant un point qui fait l’unanimité, malgré le triste bilan : tous estiment que la pandémie nous aura permis d’évoluer comme société tout en ayant hâte que ce soit enfin terminé.