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Un prix Gaston-Lagaffe pour le ministre Roberge

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S’il y avait le prix Gaston Lagaffe à décerner à un ministre du gouvernement Legault, Jean-François Roberge l’aurait gagné à quelques reprises.

Le ministre de l’Éducation annonçait la semaine dernière qu’il octroyait une banque de 10 jours de congé aux cadres scolaires pour les récompenser d’avoir maintenu des services éducatifs de qualité durant la pandémie.

Ce dernier épisode s’ajoute à ses louvoiements sur la ventilation des classes, à son inertie sur la détérioration de l’immobilier dans le monde scolaire et à son manque de vision dans le développement des classes de maternelle quatre ans.

Erreur sur les récipiendaires

Il faut vraiment manquer de jugement pour offrir une banque de congés aux cadres sans avoir une même pensée pour les personnels scolaires.

Ce sont eux, les enseignants, les professionnels et les employés de soutien qui ont tenu le réseau à bout de bras et pris les principaux risques.

Ce cadeau du ministre aux cadres s’accorde facilement, car il sera à coût nul ou presque et sans effet sur l’année scolaire. Il en serait autrement si l’ensemble du personnel en bénéficiait.

Curieux paradoxe, les largesses du ministre démontrent que l’école peut fonctionner sans la direction, mais elle ne peut se passer du personnel scolaire qui est au premier rang pour assurer les services éducatifs de qualité.

Le contraire du bon sens

Un des reproches régulièrement exprimés par les enseignants a trait aux nombreuses absences de la direction de leur école pour différents motifs professionnels ou personnels.

Alors, ils se plaignent de ne pas pouvoir compter sur leur patron quand ils ont besoin d’aide.

En plus de créer un sentiment d’injustice, le ministre accentue ainsi la problématique des trop nombreuses absences du personnel-cadre.

Par l’abolition des commissions scolaires, le ministre voulait rapprocher le centre de décision du lieu de l’action ; étrangement, il en éloigne les décideurs !