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Balarama Holness : un référendum pour déterminer la langue de Montréal ?

Balarama Holness : un référendum pour déterminer la langue de Montréal ?
Félix Lacerte-Gauthier

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L’ex-joueur de football des Alouettes Balarama Holness, qui se décrit comme la troisième option dans la course à la mairie de la métropole, suggère un référendum pour décider du statut bilingue, ou non, de Montréal.

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Le 24 juin dernier, il avait plaidé pour que la métropole devienne officiellement bilingue, ce qui serait nécessaire selon lui, en raison du projet de loi 96 du gouvernement Legault qui renforce la protection du français au Québec.

«Je veux avoir un référendum ici à Montréal, et ce seront les Montréalais qui décideront si la ville sera reconnue avec un statut bilingue», a déclaré M. Holness.

«Si on veut empiéter sur les droits des personnes anglophones à Montréal, ou des personnes bilingues, à Montréal, on va se protéger. Ce n’est pas seulement l’Assemblée nationale qui peut utiliser des leviers juridiques», a-t-il ajouté.

Il a également déploré l’utilisation de la clause dérogatoire par le gouvernement, qui «limite la capacité du secteur judiciaire de protéger les citoyens».

Bien qu’il soit conscient des pouvoirs limités de la ville à cet effet, il estime que l’appui de la population forcerait le gouvernement a faire des concessions.

«Si on a un référendum ici à Montréal sur la question de langue, Québec aura l’obligation démocratique de nous écouter», juge-t-il.

Au cabinet du ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barette, on rappelle que le français est la langue de Montréal, en vertu de sa charte.

«À titre de métropole du Québec ainsi que plus grande ville francophone en Amérique du Nord, Montréal doit jouer un rôle de premier plan en matière de protection, valorisation et promotion de notre langue nationale», a indiqué par courriel Élisabeth Gosselin, attachée de presse du ministre.

Des pouvoirs limités

Dans son premier article, la Charte de la Ville de Montréal confirme que Montréal est une ville de langue française. L’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro a néanmoins le statut bilingue, qu’il a pu conserver après les fusions municipales.

«Ça m’apparait un sujet qui est soulevé par quelqu’un qui veut peut-être se faire connaître, mais ça ne me semble pas aligné avec les astres», a résumé Danielle Pilette, professeure à l'UQAM et spécialiste de la politique municipale.

Elle indique qu’il serait peut-être possible pour une administration municipale de sonder ses citoyens à l’aide d’un référendum. Néanmoins, pour que la métropole obtienne un statut bilingue, le gouvernement du Québec devrait amender la Charte de la Ville.

«On peut bien faire toutes les pressions qu’on veut : référendum, sondage, ou autre, mais je pense que pour le moment, le gouvernement indique qu’il ne veut pas bouger», a souligné Mme Pilette, qui rappelle qu’au contraire, le gouvernement provincial tente plutôt de renforcer la langue française.

Elle rappelle que de plus, les pouvoirs de la Ville en matière de langue sont plutôt limités, se résumant surtout aux communications avec ses citoyens. «Concrètement, dans la plupart des arrondissements, tout ce que ça donnerait, ce serait davantage de visibilité à la langue anglaise, mais ce serait surtout symbolique», a ajouté Mme Pilette.

La conjoncture serait également défavorable à ses yeux, alors que la relance économique de la métropole devrait plutôt accaparer l’attention. Sans compter qu’une certaine unanimité s’est dégagée, tant au provincial qu’au fédéral, sur l’importance de soutenir la langue française.

«C’est peut-être une façon d’acquérir de la notoriété, mais pour un parti qui vise vraiment à être élu et à être majoritaire au conseil, c’est une manœuvre qui est divisive», a résumé la professeure.

Qui est Balarama Holness 

Diplômé en droit de McGill et juriste de formation, il est né d’un père jamaïcain et d’une mère francophone.

Il a joué au football dans la Ligue canadienne, notamment pour les Alouettes de Montréal, avec lesquels il a remporté la coupe Grey en 2010.

En 2017, il s’était lancé en politique municipale en tant que candidat de Projet Montréal pour la mairie de l’arrondissement de Montréal-Nord. Il a toutefois perdu contre Christine Black, récoltant 33% des votes.

À la suite de sa défaite, il s’en était pris à Projet Montréal, accusant le parti d’avoir «utilisé» les candidats issus de minorités et d’avoir fait preuve de racisme systémique.

En 2019, il avait forcé la Ville à tenir une consultation publique sur le racisme systémique après que sa pétition à ce sujet ait largement dépassé le nombre de signatures requises.

Il s’est lancé dans la course à la mairie de Montréal le 20 mai passé, se définissant comme la troisième option, expliquant que ce qui l’a inspiré à se lancer est que les partis en place «ne représentent pas la population».

Son parti, Mouvement Montréal, a officiellement été approuvé par Élection Québec le 22 juin dernier.