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Deux coups durs pour GNL Québec

Deux coups durs pour GNL Québec
Photo courtoisie

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Alors que le gouvernement Legault n’a toujours pas pris sa décision dans le dossier Énergie Saguenay de GNL Québec, le controversé projet se retrouve sans institution financière, et son partenariat en Europe semble en péril. 

• À lire aussi: Le PLQ retire son appui au projet GNL-Québec

Le partenaire allemand du projet, Hanseatic Energy Hub (HEH) a laissé planer le doute sur la nature de sa relation d’affaires avec GNL Québec. 

Lors d’une entrevue avec la publication suisse Energate-Messenger, une porte-parole de l’entreprise affirme qu’il y a eu des discussions avec GNL Québec afin de réduire les gaz à effet de serre de la chaîne d’approvisionnement du gaz naturel liquéfié.

« Mais les discussions ne portaient pas sur un accord commercial sur le gaz mais étaient centrées uniquement sur une coopération technique », a-t-elle souligné. 

Pourtant, en juin dernier, les promoteurs d’Énergie Saguenay soutenaient avoir déniché un partenaire qui l’aiderait à vendre son gaz en Allemagne et en Europe. 

En entrevue avec Le Journal, le président de GNL Québec, Tony Le Verger, affirme que c’est toujours le cas et qu’une entente de principe est en vigueur. Mais selon lui, il y a une incompréhension du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement. 

« On n’a pas signé d’entente commerciale en tant que telle car ce n’est pas un client [HEH est un terminal et fait transiter le gaz, NDLR]. Mais nous avons une entente de développement des affaires, on parle avec eux, on parle aux mêmes clients parce qu’on a le même intérêt à mettre en place des contrats communs », a-t-il souligné. 

Une manif contre le projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz naturel, en mai, à Montréal. Les militants écologistes québécois sont farouchement opposés au projet Énergie Saguenay, aussi appelé GNL Québec, du nom de son promoteur.
Photo d’archives, Agence QMI
Une manif contre le projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz naturel, en mai, à Montréal. Les militants écologistes québécois sont farouchement opposés au projet Énergie Saguenay, aussi appelé GNL Québec, du nom de son promoteur.

GNL n'a plus d'institution financière

À peu près au même moment, la banque française Société Générale qui conseillait les promoteurs depuis deux ans a indiqué ne plus faire partie de l’aventure.

Dans un courriel, la banque souligne qu’elle a cessé de conseiller GNL Québec en 2019, mais qu’elle avait continué « à effectuer des travaux et à répondre à des demandes de GNL Québec jusqu’en 2021 ».

« Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le groupe n’est pas impliqué dans GNL Québec », a écrit Laure Bencheikh, porte-parole à la Société Générale.

GNL Québec affirme que c’est elle qui a mis fin au partenariat « en raison des récentes déclarations publiques » de la banque.

« Nous avons déterminé qu’il était dans l’intérêt de GNL Québec de quitter la Société Générale. [...] Il est courant pour les entreprises d’infrastructure comme nous, de changer de conseiller », a déclaré M. Le Verger. 

Le temps d’en finir

Lors des derniers mois, la Société Générale avait indiqué plusieurs fois à ses actionnaires qu’elle effectuait une sortie des projets d’extraction dans le gaz et le pétrole.

« Il est plus que temps pour François Legault de rejeter ce mauvais projet. La majorité de la population et les investisseurs sont clairs : le gaz fossile ne fait pas partie des solutions », a souligné Patrick Bonin de Greenpeace Canada.

Le projet Énergie Saguenay de GNL Québec en quelques chiffres  

9 milliards $ : investissements prévus 

780 km : longueur du gazoduc qui doit relier les conduites existantes, dans le nord-est de l’Ontario, et Port Saguenay, pour permettre l’acheminement du gaz naturel de l’Ouest canadien

11 millions de tonnes de GNL : production annuelle prévue de l’usine de liquéfaction de gaz naturel qui doit être construite à Grande-Anse, sur les berges de la rivière Saguenay