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Procès de Guy Dion et Marie-Josée Viau: un délateur a confessé trois meurtres et se sentait mal

Le tueur à gages de la mafia a demandé à voir des intervenants en santé mentale

Centre judiciaire Gouin
Photo chantal Poirier et courtoisie Guy Dion et Marie-Josée Viau (que l’on voit en mortaise, sans masque) à leur arrivée au Centre judiciaire Gouin, à Montréal, cette semaine. Le couple de la Montérégie est accusé d’avoir participé aux meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto.

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Avant de devenir un agent double pour la police, un tueur à gages de la mafia a dû confesser tous ses crimes commis dans le passé, dont trois meurtres, a-t-il été révélé jeudi au procès d’un couple accusé de l’avoir aidé à assassiner deux frères.

« Il a aussi parlé d’un contrat pour blesser un certain Marc-André Lachance, il avait reçu une avance de fonds de 10 000 $ », a expliqué le sergent superviseur Stéphane Malenfant au Centre judiciaire Gouin, à Montréal.

À la barre des témoins pour la troisième journée d’affilée, le policier a donné davantage de détails sur cette collaboration entre la Sûreté du Québec (SQ) et ce tueur devenu délateur, qui a mené à l’arrestation de Marie-Josée Viau et de Guy Dion. 

Le couple est accusé d’avoir participé aux meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto, à leur domicile de Saint-Jude en Montérégie, en juin 2016.

Comme les corps auraient été incinérés par les accusés, la police a nagé en plein mystère jusqu’à ce que le tueur à gages se rende aux autorités trois ans plus tard. 

Il demandait alors de la protection, disant avoir été victime de « sept ou huit » tentatives de meurtre, en plus d’avoir du mal à gérer les meurtres des deux frères.

En échange d’aveux, le délateur souhaitait aussi obtenir de l’aide psychiatrique, en plus de demander que la police enquête sur des personnes qui l’auraient agressé sexuellement. En contrepartie, l’homme était strictement contrôlé.

« Il ne pouvait pas débuter de conversations [sur le sujet], mais si quelqu’un lui propose de commettre un meurtre, il doit répondre pour continuer l’infiltration, a dit le sergent Malenfant. S’il fige, il est brûlé. »

Liens rompus avec la SQ

L’opération a toutefois bien failli dérailler lorsque le tueur a rompu ses liens avec la SQ, en avril 2019. 

Mais après une rencontre, entre autres avec des intervenants en santé mentale, le tout a continué, menant à l’arrestation de Viau et de Dion, qui lui auraient fait des déclarations incriminantes.

L’assassinat de Salvatore Scoppa dans un hôtel à Laval, en mai 2019, semble également avoir accéléré les choses. Au cours du procès, le nom de Scoppa a d’ailleurs été mentionné plusieurs fois, sans que d’autres détails soient donnés au jury.


♦ Le procès se poursuit vendredi.