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La pire déception qui soit

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Photo AFP La rencontre de deux guerriers. Carey Price et son homologue, Andrei Vasilevskiy, ont été spectaculaires au cours de la finale.

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Les joueurs qui sont passés par là vous le diront tous. Perdre en finale de la Coupe Stanley fait mal. Les vaincus ont le sentiment de rentrer à la maison les mains vides après s’être donnés corps et âme pendant deux mois. Il n’y a pas pire déception pour un joueur de la Ligue nationale de hockey.

C’est ce que les joueurs du Canadien ressentent depuis leur défaite aux mains du Lightning de Tampa, mercredi soir. C’est comme si tout leur travail s’était envolé en fumée. Il leur faudra un certain temps pour tourner la page.

Carey Price et Shea Weber se demanderont s’ils auront l’occasion de prendre part à une deuxième finale avant la fin de leur carrière.

Les jeunes se diront qu’ils ont encore beaucoup de temps devant eux. Mais rien n’assure qu’ils bénéficieront d’une deuxième chance.

Patrice Brisebois était, à 22 ans, le plus jeune joueur du Canadien lors de sa dernière conquête de la coupe Stanley en 1993. Il avait tout l’avenir devant lui. Il n’est jamais retourné en finale. Mais il se souviendra toute sa vie du 9 juin 1993.

L’estime des amateurs

Les joueurs de l’édition actuelle n’ont pas tout perdu, cependant. Ils ont regagné l’estime des amateurs qui avaient perdu foi en eux en saison régulière.

Ils méritent des félicitations et des remerciements pour leurs performances dans les séries. Ils nous ont fait vivre un début d’été fertile en émotions. Ils ont fait ce qu’ils ont pu en finale, mais ils affrontaient plus forts qu’eux.

Le Lightning méritait cette deuxième coupe Stanley consécutive.

Saison satisfaisante ou non ?

Peut-on parler d’une saison satisfaisante pour le Canadien ?

Dans le film Money Ball, le directeur général des A’s d’Oakland Billy Bean, dont le rôle est interprété par Brad Pitt, dit qu’une équipe n’a rien gagné si elle a perdu le dernier match de l’année. Or, il faut se rappeler qu’une seule est destinée à remporter le championnat. Elles sont 30 à être déçues.

C’est comme ça chaque année.

La prophétie de Bergevin

Avant la saison, Marc Bergevin en a fait sourciller plus d’un en disant qu’il s’attendait à ce que le Canadien cause des dommages dans les séries.

On voulait bien le croire, mais encore fallait-il que le Canadien commence par se qualifier pour le tournoi printanier. Il y est arrivé de peine et de misère.

Après quatre matchs contre les Maple Leafs de Toronto, c’était plutôt le Tricolore qui subissait des ravages.

Puis, le vent a tourné. 

Le Tricolore a passé les Leafs, les Jets de Winnipeg et les Golden Knights de Vegas dans le tordeur.

S’il avait battu le Lightning, on aurait parlé de la plus grande surprise dans le monde du hockey dans les années 2000.

Un avenir plus prometteur

Par contre, on peut prévoir que l’avenir s’annonce plus prometteur qu’il ne l’a été depuis longtemps.

Espérons que la vie sera revenue à la normale lors de la prochaine saison. Car on est en droit de penser que le Canadien formera la même équipe compétitive que l’on a vue pendant les séries.

Dominique Ducharme, qui devrait être confirmé dans ses fonctions sous peu, aura ce qu’il faut entre les mains pour rivaliser avec les bonnes formations des divisions Atlantique et Métropolitaine.

Cole Caufield est le meilleur attaquant repêché par l’organisation depuis des lustres. Stéphane Richer est le nom qui me vient à l’esprit, mais vous pensez peut-être à d’autres noms. 

Il deviendra un joueur élite, un marqueur de 30 à 40 buts par année.

Peut-être même plus. 

Nick Suzuki a déjà l’étoffe d’un joueur étoile.

Ce duo va soulever les foules pour des années à venir au Centre Bell.

Le temps dira si Alexander Romanov pourra ajouter une dimension plus offensive dans son coffre à outils. Mais il possède ce que tout bon joueur doit avoir. Il a du chien.

Les années de vaches maigres semblent terminées. 

Parti de loin  

L’ouragan Elsa n’a finalement pas touché terre à Tampa. La ville et ses environs n’ont toutefois pas été épargnés par la pluie. Mais on sait que c’est dans la normalité à ce temps de l’année en Floride.

Ça me rappelle la première visite du Canadien à Tampa, en mars 1993. Des orages violents et des pluies torrentielles s’étaient abattus sur la ville pendant le match et on les avait très fortement ressentis.

Le Lightning évoluait dans une salle polyvalente située sur les terrains de la Foire annuelle de l’État de Floride. C’était vraiment un amphithéâtre de fortune. 

De la broche de poule nous protégeait des rondelles sur la galerie de presse qui donnait carrément sur une extrémité de la patinoire.

Il fallait sortir à l’extérieur pour se rendre au vestiaire des visiteurs. On en avait été quittes pour une sacrée douche !

Dans un stade de baseball

Lors des trois saisons suivantes, le Lightning a évolué au stade de baseball occupé par l’équipe qui se prénommait alors les Devils Rays, à Saint Petersburgh. Des foules records de 28 000 spectateurs pour des matchs à l’intérieur de la Ligue nationale y ont été enregistrées avant que le Lightning ne déménage dans l’immeuble qu’il occupe encore aujourd’hui.

Ça illustre à quel point le Lightning est parti de loin pour devenir l’organisation qu’elle forme aujourd’hui. 

De plus, les organisations établies ne faisaient pas de cadeaux aux équipes d’expansion dans ce temps-là. Les nouvelles formations devaient se contenter des restants.

Phil Esposito avait formé de peine et de misère un groupe d’investisseurs qui comprenait George Steinbrenner et des gens d’affaires japonais pour verser les 50 millions exigés par la ligue.

En 2004, la concession floridienne remportait sa première coupe Stanley avec Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis et Brad Richards comme chefs de file.

Aujourd’hui, le Lightning, qui mise sur Julien BriseBois au poste de directeur général, est reconnu comme une organisation de premier plan.