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Le pari vaccinal de Christian Dubé

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Christian Dubé

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Parce qu’il serait question d’un éventuel passeport vaccinal, la conférence de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé, était très attendue. Le passeport, par contre, s’avère d’un usage limité.

Vers le 1er septembre, il sera donc possible, mais pas certain que le Code QR, comme preuve électronique de vaccination, soit exigé. À condition toutefois que la Santé publique constate des éclosions ou une transmission de la COVID-19 dans un territoire ou un lieu d’activités non essentielles – du genre bar, gym, salle de spectacle, etc. 

Dès lors, seules des personnes doublement vaccinées y auraient accès. Le but étant d’éviter un nouveau confinement généralisé. 

Comme un tiers à peine des Québécois de 12 ans et plus ont reçu leur deuxième dose de vaccin, le gouvernement cherche surtout à motiver le reste de la population à se faire doublement vacciner d’ici la fin de l’été. Particulièrement les 18-29 ans, réputés plus réfractaires.

Face à la remontée de la pandémie en Europe sous le coup de variants très contagieux, sa motivation est tout à fait fondée. Le moyen, lui, soulève néanmoins quelques questions. 

Chez les Québécois non vaccinés ou qui le sont partiellement, cette annonce ne risque-t-elle pas de paraître un brin abstraite ? 

Un vrai passeport

L’annonce d’une instauration temporaire, dès la fin août, d’un vrai passeport vaccinal limitant plusieurs activités non essentielles aux personnes doublement vaccinées n’aurait-elle pas été plus efficace comme arme de persuasion massive ?

Là aussi, bien sûr, à la condition que le Québec n’ait pas atteint les 75-80 % de personnes doublement vaccinées d’ici la fin de l’été.

Cela dit, comme cette pandémie mondiale est encore loin d’être terminée, il est bien entendu à espérer que le gouvernement Legault remporte son pari vaccinal d’ici la fin août. Point.

On le saura d’ici quelques semaines. Si le taux de double vaccination grimpe rapidement et suffisamment pour atteindre un niveau optimal d’immunité collective, il aura misé juste.

Si, par malheur, ce n’est pas le cas, on voit mal comment il pourrait alors se priver d’imposer l’usage généralisé d’un véritable passeport vaccinal pour certaines activités dites non essentielles où les contacts sont multiples. 

Arsenal complet

D’autres États démocratiques l’ont fait parce que c’est une arme redoutable pour convaincre le maximum de personnes de se faire doublement vacciner. Ce qui, d’office, en fait une mesure forte de solidarité sociale. 

Or, même une telle mesure ne suffirait pas à elle seule. C’est pourquoi, comme certains leaders politiques le réalisent à la dure en Europe, le port du masque dans les lieux publics clos doit demeurer obligatoire. Le temps qu’il faudra.

C’est pourquoi il faut avoir recours à plus de tests rapides pour détecter les asymptomatiques. Ceux-là mêmes dont le Québec et d’autres provinces se privent. 

C’est pourquoi il faut encore assurer une meilleure ventilation, entre autres, dans les écoles. La COVID-19 se transmet par gouttelettes ET par aérosols contagieux qui, dans des lieux mal ventilés, restent suspendus dans l’air.

Bref, s’il est vrai que la vaccination est notre espoir principal, un miracle de la science, la prudence reste de mise. Le temps qu’il faudra, nous aurons besoin d’un arsenal complet contre le coronavirus et ses variants.