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Trudeau rattrapé par ses promesses vides

CANADA-FIRE
Photo AFP Comme la question autochtone, celle des changements climatiques pourrait faire mal à Justin en campagne électorale.

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Le dossier autochtone rattrape les libéraux de Justin Trudeau depuis des mois. Les horreurs des pensionnats autochtones ont réussi à percer la conscience d’un public canadien généralement indifférent quant à la triste réalité de notre historique de colonialisme et de racisme.

La nomination d’une extraordinaire candidate autochtone au poste de gouverneure générale cochait donc une case pour l’équipe Trudeau à la veille des élections.

JOLY NERVEUSE

La réaction nerveuse de Mélanie Joly qui, il y a quelques semaines à peine, marquait son propre grand coup avec une proposition de loi costaude pour promouvoir le français au fédéral en disait long. Oui, assurait-elle, Mme Simon saura prononcer un discours du Trône en français dans quelques mois. On verra bien... Parfois, un nouveau symbole peut vite révéler les faiblesses de la promesse de la veille !

Le même jour, monsieur Trudeau s’est envolé pour la Saskatchewan pour tenter de rectifier une autre promesse non tenue, celle d’accomplir l’ensemble des 94 actions demandées par la Commission de vérité et réconciliation. En voulant remplir l’engagement de transférer aux communautés autochtones l’autorité pour les services aux enfants, Trudeau a mis un cercle autour d’une autre faute. En fait, son gouvernement se bat depuis des années pour ne pas payer les compensations pourtant ordonnées par le Tribunal des droits de la personne, pour la discrimination dans les services aux enfants autochtones.

L’excellent ministre Marc Miller, responsable des services aux autochtones qui est aussi avocat, se tortille comme un bretzel pour tenter d’expliquer cette situation injustifiable.

Entre-temps, une autre promesse phare de monsieur Trudeau, de fournir de l’eau potable sécuritaire sur toutes les réserves pendant son premier mandat, n’est toujours pas remplie alors qu’il sollicite... un troisième mandat ! Le Canada possède 20 % de l’eau douce de la planète Terre et nous ne sommes même pas foutus d’amener de l’eau propre aux premiers occupants de ce pays ni d’améliorer leurs conditions souvent honteuses d’habitation.

DES TERRITOIRES EN FEU

Mais c’est au sujet d’une autre promesse non tenue, celle faite par Trudeau à la Conférence de Paris sur les changements climatiques, que le dossier autochtone risque à nouveau de faire la une.

La Colombie-Britannique en entier et ses Premières Nations en particulier se sont fait enfoncer dans la gorge un oléoduc que Trudeau a acheté pour les sables bitumineux. Ça ne peut pas faire autrement que de contribuer au réchauffement de la planète. Depuis que Trudeau est premier ministre, la production de gaz à effet de serre au Canada a augmenté chaque année.

Les experts du World Weather Attribution sont catégoriques : le dôme de chaleur et les feux de forêt sans précédent en Colombie-Britannique sont directement attribuables au réchauffement de la planète.

L’arrivée de la pandémie a peut-être fait oublier que, juste avant, il y avait une crise provoquée par le soutien, à travers le Canada, pour la nation Wet’suwet’en et les blocages de chemins de fer.

Ce sont, en fait, les nombreuses promesses non tenues de Justin Trudeau qui risquent le plus de le rattraper pendant la campagne qui s’annonce.