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L'autrocritique misérable de Wendy Mesley

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La journaliste Wendy Mesley a été au cœur d’une controverse l’an passé.

Dans le cadre d’un appel conférence au travail, elle a raconté qu’une collègue s’était fait traiter du fameux « mot en n ». En racontant l’histoire, elle a évidemment utilisé le mot. Non pas pour insulter, mais simplement décrire correctement la scène. 

Elle avait été dénoncée par des collègues. Cela avait créé un scandale. 

Marginalisée

On a alors découvert que quelques mois avant, elle avait mentionné le livre Nègres blancs d’Amérique en réunion. Scandale, encore une fois !

Pour cela, Mesley a été marginalisée à CBC. Elle a perdu son émission. Elle a finalement quitté la boîte.

Elle vient de publier une lettre dans le Globe and Mail pour donner sa version.

Il s’agit d’un texte misérable, fabriqué sur le modèle de l’autocritique soviétique. On y voit une femme s’autoflageller publiquement, selon les rituels convenus de la wokitude. 

Car Mesley donne raison à ses accusateurs. Elle plaide coupable de propos insensibles, c’est-à-dire, d’avoir rapporté une insulte pour la condamner et d’avoir prononcé le titre d’un livre. Elle reconnaît qu’il fallait la punir. Elle juge seulement que la punition était trop sévère. Quel délire.

Plus encore, elle se désole d’avoir été soutenue par les partisans de la liberté d’expression. Elle s’en dit horrifiée. 

Elle cherche à plaire à ses persécuteurs. Mais cela ne marche pas. 

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Racisme

À la suite de la publication de sa lettre, plusieurs journalistes-militants l’ont attaquée sur Twitter. Ils lui reprochaient d’être une femme blanche et de confisquer la parole publique. Mais qu’on s’en souvienne : pour les wokes, détester les Blancs, en appeler à leur exclusion de l’espace public, ce n’est pas du racisme, c’est de l’antiracisme.

La révolution dévore toujours ses enfants. 

Je me désole du mauvais sort de Wendy Mesley.

Mais au fond de moi-même, après avoir lu sa lettre, je me suis demandé si elle ne méritait pas son mauvais sort.