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Remonter la montagne

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Capture d’écran, TVA SPORTS Marc Bergevin a rappelé hier à quel point il était déçu de ne pas avoir gagné la coupe Stanley.

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Personne n’avait envie de sourire chez le Canadien, hier. Corey Perry avait les larmes aux yeux dans les derniers instants de sa rencontre virtuelle avec les journalistes. Comme quoi un athlète de 36 ans qui a empoché près de 100 millions $ en carrière et qui possède une bague de la coupe Stanley peut encore prendre son sport à cœur.

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Comme je l’ai écrit le soir de la défaite finale contre le Lightning de Tampa Bay, perdre une série de championnat, ça fait mal.

Je me rappelle de Pat Burns le lendemain de la finale de la Coupe Stanley que le Canadien avait perdue aux mains des Flames de Calgary, en 1989. 

La veille, l’organisation avait vu, pour la première fois, un adversaire parader avec la coupe Stanley sur la glace du Forum.

Pat portait toute la lourdeur de ce fait historique sur ses épaules. Il était venu nous parler dans le vestiaire après qu’on eut parlé à ses joueurs.

« Qu’est-ce que vous faites icitte ? avait-il lancé en nous voyant.

« Il n’y a plus rien à dire. La saison est finie. »

Pat s’était assis à la place de Bob Gainey, qui annonça quelques semaines plus tard qu’il entreprenait une carrière de joueur-entraîneur avec les Écureuils d’Épinal, en France.

Larry Robinson partit pour sa part pour Los Angeles, où il disputa trois autres saisons pour atteindre le total de 20 en carrière.

Pas de quoi être satisfait

Marc Bergevin avait l’air morose aussi quand son tour est venu de se prêter à une conférence Zoom, hier après-midi.

On a abordé les sujets de l’heure. Le départ de Joël Bouchard, le statut de Dominique Ducharme, l’avenir de Jonathan Drouin, le contrat de Phillip Danault.

Ses réponses étaient laconiques.

Mais quand je lui ai demandé s’il pouvait établir un bilan de saison satisfaisant malgré la défaite, il est devenu émotif.

« Jamais ! a-t-il rétorqué.

« La journée où tu es satisfait, tu n’avances plus. Est-ce que je suis déçu de ne pas avoir remporté la coupe Stanley ? À 100 % !

« [Mais] nos jeunes joueurs ont beaucoup appris. Hier soir, j’ai commencé à remodeler l’équipe en vue de la prochaine saison. La prochaine étape sera de remonter la montagne.

« Nous serons 31 équipes en bas [32 en ajoutant le Kraken de Seattle]. »

La pente sera abrupte avec le retour à la normale espéré pour l’automne.

Le Canadien retrouvera ses adversaires habituels des divisions Atlantique et Métropolitaine, mais il disposera d’un meilleur coffre à outils.

Quel prix pour Danault ?

D’ici peu, Ducharme sera confirmé dans son rôle d’entraîneur-chef. 

Pour sa part, Bergevin se verra vraisemblablement offrir une prolongation de contrat par Geoff Molson.

Quant à lui, Bergevin cherchera à trouver un terrain d’entente avec Danault. Il pourra difficilement le laisser partir.

Le joueur originaire de Victoriaville est le dernier survivant québécois de l’équipe. 

Ça a un prix, mais combien exactement ?

Bergevin peut-il lui présenter à nouveau l’offre de 5 millions $ par saison pour cinq ou six ans qu’il a déclinée, après l’importante baisse de production qu’il a connue cette année ?

Drouin semble parti

Pour ce qui est de Drouin, Bergevin s’est limité à dire que les dernières nouvelles à son sujet sont qu’il va bien.

Tant mieux !

Mais le jeune homme de Sainte-Agathe-des-Monts a-t-il encore un avenir avec l’équipe ?

Je ne connais pas son problème et je peux me tromper. Mais je ne pense pas qu’on le revoie dans le maillot bleu, blanc et rouge.

Bergevin a fait beaucoup pour lui. Il a sacrifié en Mikhail Sergachev un défenseur qui cadrerait fort bien avec son équipe. C’est sans oublier le généreux contrat qu’il lui a accordé, soit 33 M$ pour une période de six ans.

À 26 ans, Drouin est à un âge où il devrait être au sommet de son art. Malheureusement, on n’a vu que des flashs de son grand talent.

Triste histoire que la sienne.