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Alouettes: fébrilité et prudence pour amorcer le camp

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Joueurs comme entraîneurs étaient très excités de retrouver le terrain à l’occasion du début du camp d’entraînement des Alouettes de Montréal, dimanche. Après une pause forcée de 19 mois, le pilote Khari Jones a toutefois lancé un avertissement à ses joueurs: prenez garde aux blessures. 

L’attente a été bien difficile à accepter pour plusieurs dans le clan montréalais, alors que la pandémie de COVID-19 a forcé l’annulation de la campagne 2020. Les sourires et l’intensité étaient ainsi au rendez-vous aux abords du stade olympique de Montréal pour la toute première séance d’entraînement de l’année. Mais Jones a malgré tout tenté de ralentir les ardeurs de certains, admettant que le risque de blessures l’inquiétait.

Pas surprenant, dans cette optique, que la période d’étirements avant les exercices se soit prolongée.

«C’est probablement notre inquiétude principale, a avoué Jones en vidéoconférence. Dans un camp normal, des blessures arrivent. Mais vous ne voulez pas de blessures en raison de l’inactivité, en essayant de faire des choses que les joueurs ne sont pas prêts à faire. C’est pourquoi nous commençons lentement pour nous assurer que les corps sont prêts pour la compétition à laquelle ils feront face. Vous espérez le meilleur et vous répétez aux joueurs de prendre soin d’eux.»

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

«Nous savons que les joueurs sont excités d’être de retour sur le terrain. C’est difficile de vous retenir: vous voulez courir le plus vite possible dès le premier jour. C’est notre rôle d’essayer de ralentir le tout un peu, mais je ne peux pas les blâmer.»

Un camp particulier

Plusieurs nouveaux visages étaient présents dans cette séance. Outre les joueurs qui ont accepté des ententes avec le club par le biais du marché des joueurs autonomes, deux cuvées provenant des deux derniers repêchages étaient également présentes.

Si Jones n’était pas concentré sur l’évaluation des joueurs dimanche, le temps viendra, avant la saison, où des choix devront être faits. Et ceux-ci seront particulièrement difficiles à faire, cette année, en raison de l’absence de matchs préparatoires.

Pour cette raison, Jones et ses adjoints tenteront de placer les joueurs dans des situations de match le plus souvent possible.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

«Ce n’était pas notre objectif [d’évaluer les joueurs] dimanche. Nous voulions mettre ces gars sur le terrain. Ils n’ont pas joué depuis plus d’un an. La chose aujourd’hui, et probablement demain aussi, est de ramener les corps en forme pour le football. Ensuite, nous aurons amplement de temps pour faire les évaluations.»

«Pour la plupart des vétérans, je sais ce qu’ils peuvent apporter et qui ils sont. Le plus dur sans matchs préparatoires, c’est de ne pas voir comment les gars gèrent l’adversité et la pression. J’espère que je pourrai voir tous les plus jeunes joueurs et avoir une évaluation solide. Mais sans matchs préparatoires, c’est difficile. Vous n’apprenez sur des gars vraiment que dans les situations de match. Nous allons apprendre sur les jeunes à la volée. Mais c’est correct, toutes les équipes doivent le faire. C’est un plus grand défi.»

Comme Noël

Malgré tout, la joie était palpable, que ce soit lors des exercices du jour ou pendant les vidéoconférences. Le garde Kristian Matte, qui roule sa bosse depuis plus de 10 ans avec les Moineaux, a d’ailleurs avoué qu’il avait eu beaucoup de difficulté à dormir, la nuit dernière.

«C’est un sentiment exceptionnel. Ça fait longtemps, a lancé Matte. Pendant qu’on était en congé, ça nous a vraiment manqué, le football. [...] Juste le fait de recommencer et de retrouver la vie normale, je n’ai pas dormi de la nuit. C’est comme le matin de Noël.»

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Et dans son cas, la pause prolongée a permis de guérir certaines blessures qui ne parviennent généralement pas à guérir au cours d’une saison morte ordinaire.

«Souvent, [les blessures] peuvent durer longtemps. L’année de congé, ça nous a donné le temps de guérir les petits bobos. Mais en même temps, on est tous des athlètes et on prend soin de notre corps.»

Les Alouettes viseront la coupe Grey 

La stabilité est souvent reconnue comme un élément important pour connaître du succès dans la Ligue canadienne de football, et le quart-arrière Vernon Adams fils estime que celle-ci permet aux Alouettes de Montréal de viser la coupe Grey.

Questionné à propos du potentiel de l’équipe, dimanche, à l’occasion de la première journée du camp d’entraînement, Adams n’a pas laissé le journaliste terminer sa question. Il l’a interrompu avec deux mots: «la coupe».

«Il n’y a pas de limite, a-t-il ajouté après avoir permis à son interlocuteur de terminer sa question, lors d’une vidéoconférence. Nous savons ce qu’est le but ultime et nous prendrons les matchs un à la fois. Nous savons ce qu’est l’objectif principal: c’est la coupe Grey.»

«Je pense simplement que toutes les pièces sont en place, a-t-il ajouté plus tard. Offensivement, au moins 10 d’entre nous œuvrent dans l’unité offensive de Khari [Jones, entraîneur-chef et coordonnateur offensif] depuis deux ans. Il n’y a pas tant de changements, nous polissons simplement les choses. Je pense simplement que nous avons l’air vraiment bons sur le papier. Il faut performer, rester en santé, et je crois que nous pouvons le faire.»

Éviter la grosse tête

Malgré sa confiance, Adams ne prend pas les choses à la légère. Son poste de quart numéro 1 ne semble pas en danger en vue de la saison, mais il amorce le camp avec la même mentalité que par le passé. Il souhaite prouver qu’il mérite sa place.

Le pivot a connu une bonne saison aux rênes de l’attaque des Alouettes, en 2019, complétant 283 de ses 431 passes pour 3942 verges et 24 touchés. Ce sont toutefois les 13 interceptions qu’il a subies qui l’ont hanté depuis le dernier match de l’équipe, en novembre 2019.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

«Vous ne pouvez pas être complaisant, a dit Adams. J’ai le même état d’esprit que quand je suis arrivé en 2019 en essayant de mériter mon poste. Oui, l’organisation me donne les clés, mais je veux les mériter et montrer à tout le monde pourquoi je mérite de mener cette équipe.»

«Chaque année, tous les pros veulent devenir meilleurs. Pendant cette longue, longue saison morte, j’ai regardé beaucoup de vidéos. J’ai une séquence avec la totalité de mes 13 interceptions en 2019 et je la regarde au moins une fois par semaine. Sur le terrain, je tente de revivre ces moments en essayant de prendre des décisions différentes. Je veux simplement continuer de devenir meilleur et continuer de mener les gars à la victoire.»

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