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Festival d’été de Québec: une virée américaine signée Steve Hill et Matt Lang

Ils nous ont offert un voyage musical chez nos voisins du Sud

Steve Hill au FEQ 2021
Photo Courtoisie, Philippe Ruel Le multi-instrumentiste Steve Hill a démontré l’étendue de son immense talent avec un spectacle où il joue de tous les instruments.

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Puisqu'on ne peut toujours pas traverser la frontière américaine, les airs de musique «americana» sont venus à nous dimanche soir, pour la quatrième soirée du Festival d’été. Le surhumain Steve Hill et le festif Matt Lang ont offert une soirée bien ancrée dans les traditions blues et country de nos voisins du Sud. Les guitares étaient reines, décuplant les styles de toutes les manières.

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Les deux vedettes québécoises, qui excellent chacun dans leur créneau anglophone, ont tour à tour, bien à leur façon, fait lever la foule du Manège militaire. 

Le voyage a commencé avec le virtuose Steve Hill, qui a d’abord enfilé trois pièces qui figurent sur son dernier album, Desert Trip, justement écrit lors d’un road trip aux États-Unis. Un départ en douceur sur les routes californiennes, bercé par sa voix caverneuse qui a porté, entre autres, et la sombre et magnifique I Won’t.  

«C’est comme dans le temps», a soufflé cet habitué du FEQ, avant de se raviser devant le public distancié. 

Après quelques pièces pour s'échauffer, Steve Hill, en formule one man band, est apparu complètement incarné, possédé par sa musique, et le reste du voyage s’est déroulé la pédale au plancher. L’homme-orchestre roulait à fond de train, seul sur scène, harmonica à la bouche, guitare à la main, et battant les percussions avec ses deux pieds: il n'y a rien à son épreuve. 

Le public a acclamé les prouesses de ses doigts sur les cordes, projetées sur les écrans géants de chaque côté de la scène. Que dire des solos endiablés sur The Ballad of Johnny Wabo et Preachin Blues? «Impressionnant» est un mot trop faible. Le public l’a récompensé par des cris d’émerveillement très bruyants... et le principal intéressé, quant à lui, a enfilé une cape de superhéros.  

C’est bien beau être capable de tout faire seul, mais Steve Hill a ses limites. Le musicien Dimitri LeBel-Alexandre est venu en renfort au pedal steel pour quelques pièces, insufflant un son encore plus rock.  

Que pouvait-on ajouter à ce concert en crescendo déjà électrisant? Des cuivres! Trois musiciens sont venus hausser encore le niveau d’énergie. Steve Hill a gardé les cuivres pour quelques nouvelles — et solides — chansons qui figureront sur son prochain album, celui qu’il devait d’ailleurs sortir avant la pandémie. De quoi mettre l’eau à la bouche.

Festif Matt Lang

Les festivaliers ont ensuite pris la direction de Nashville sur le coup de 21 h 30, avec Matt Lang aux commandes, qui, bière à la main, trépignait d'impatience à l'idée de faire grimper les décibels. Il foulait les planches du FEQ pour la première fois de sa jeune carrière, alors que le festival n’avait pas eu une tête d’affiche country depuis 2017.  

Matt Lang
PHOTO COURTOISIE, PHILIPPE RUEL
Matt Lang

Avec ses quatre musiciens, il a déployé son new country dans une formule aussi énergique que celle de son prédécesseur, sauf que le public avait, cette fois-ci, de quoi se brasser le popotin davantage. En effet, il a commencé avec Getcha, sa chanson de danse en ligne, pour que les spectateurs se lèvent debout et dansent allègrement, surveillés d’un œil aguerri par les agents de sécurité.  

Encore une fois, les guitares — et le jeans — ont été à l’honneur, alors que Lang et sa troupe ont navigué dans ses deux albums, dont More, qui a été lancé quelques mois après le début de la pandémie. S’il n’a pas encore la riche discographie de celui qui a joué avant lui, Matt Lang a garni son menu de quelques classiques du country ainsi que de chansons empruntées à AC/DC (Thunderstruck) et Bryan Adams (Summer of '69), qui collent plus ou moins à son répertoire, mais qui ont été diablement efficaces. 

Lang, qui maîtrise parfaitement les codes du new country, a offert quelques slows qui ont permis aux couples de s’enlacer. Le party musical s’est terminé avec les cris enthousiastes d’une foule comblée. Le genre de spectacle divertissant qui, après ce qu’on vient de traverser, fait franchement du bien.  


Les humoristes Alexandre Barrette et Mehdi Bousaidan seront en spectacle lundi soir, dans le cadre du FEQ.