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Fière Québécoise et fière Canadienne

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Je dois l’avouer, certaines chroniques m’ont fait grincer des dents ces dernières semaines. Ça m’a fait mal de lire tout le dédain que certains collègues peuvent avoir à l’endroit du Canada, comme si nous vivions dans le pire pays du monde. C’est vraiment se plaindre le ventre plein.

Chers chroniqueurs souverainistes, qu’est-ce qui vous rend si malheureux actuellement de vivre au Québec au sein d’un Canada uni ? Êtes-vous maltraités ? Est-ce qu’on vous a retiré votre droit de voter, de vous exprimer, votre liberté ?

Je peux très bien comprendre votre désaccord avec la position de certains éditorialistes canadiens-anglais qui vomissent sur le Québec, je trouve aussi qu’ils exagèrent. Mais de là à faire croire que l’opinion d’une poignée de chroniqueurs anglais est partagée par la majorité des Canadiens anglophones, c’est aussi de la mauvaise foi.

Un Québec qui prend sa place

Le Québec fait partie d’un pays libre et démocratique. Est-ce nécessaire de rappeler que le Québec a non seulement le droit de se gouverner en faisant adopter ses propres lois à l’Assemblée nationale, mais que les Québécois ont aussi le droit ou plutôt le devoir de faire élire leurs propres députés pour les représenter à Ottawa, soit 78 des 338 députés fédéraux ? Le poids du Québec est donc majeur dans les décisions qui sont prises pour faire évoluer le Canada, d’où l’importance d’aller voter lors des élections.

Est-ce que tout est parfait ? Bien sûr que non. Mais ce n’est pas plus parfait au Québec. Gouverner, ce n’est pas simple et l’on ne peut jamais satisfaire tout le monde. Même si le Québec était un pays indépendant, il y aurait encore du mécontentement, des divergences d’opinions à l’intérieur même de notre nation. Nous avons beau prétendre partager la même culture, la même langue, la même histoire et les mêmes valeurs, c’est en partie vrai, puisque d’une région à l’autre et d’une famille à l’autre, il y a des différences, des nuances. Est-ce qu’on doit se séparer pour autant dès qu’il y a un différend ?

Chez nous au Canada

Dans une société ouverte sur le monde, je pense qu’on est beaucoup plus forts en travaillant ensemble, en misant sur les forces de chaque province pour construire un pays plus fort, plus prospère et plus juste. À mes collègues souverainistes qui caressent encore ce rêve d’indépendance et de liberté, je respecte votre opinion même si je ne la partage pas. Cependant, j’aimerais que vous utilisiez le « Je » et non le « Nous » lorsque vous exprimez votre opinion. Puisque moi, contrairement à vous, « je » me sens libre et « chez nous » au Canada. 

Comme la majorité des Québécois, si je me fie aux derniers sondages sur l’indépendance du Québec, « je » sens que j’ai ma place dans ce pays tout en étant, aussi, une fière Québécoise.