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Une prothèse d’épaule connectée développée par des Québécois

Statera Medical est lauréate d’un 1er prix au concours des Bourses Pierre-Péladeau

Cyril Pauck-Therrien (Spécialiste en développement de produit), Samuel Bourdon (Co-Fondateur), Frédérik Plourde (Co-Fondateur), Thomas Ruest (Spécialiste en développement de produit) et le Dr Moreno Morelli (chirurgien orthopédiste).
Photo Agence QMI, Joël Lemay Cyril Pauck-Therrien (Spécialiste en développement de produit), Samuel Bourdon (Co-Fondateur), Frédérik Plourde (Co-Fondateur), Thomas Ruest (Spécialiste en développement de produit) et le Dr Moreno Morelli (chirurgien orthopédiste).

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Statera Medical développe une prothèse d’épaule de nouvelle génération qui permettra d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant d’arthrose ou de déchirures musculaires. Et le père de l’un des cofondateurs de l’entreprise, Frédérik Plourde, pourrait faire partie des premières personnes qui bénéficieront du remplacement de cette articulation.

Statera, qui a reçu le 1er prix de 100 000 dollars dans le cadre du concours des Bourses Pierre-Péladeau, veut devenir un leader dans l’industrie orthopédique. La jeune pousse s’attaque à un gros marché.

«Chaque année, il y a 170 000 personnes qui ont besoin d’une prothèse d’épaule en Amérique du Nord seulement, explique Frédérik Plourde. Les produits qui sont actuellement sur le marché ont une durée de vie limitée à dix ans. Comme c’est une chirurgie invasive, les gens doivent attendre d’avoir 70 ans et plus pour être opérés. Ils endurent parfois longtemps des douleurs intenses, sans parler de la perte de mobilité, avant d’être soulagés.»

Il est bien placé pour le savoir. Son père, âgé de 59 ans, souffre depuis quelques années d’arthrose dans l’épaule. Il lui faut donc attendre avant d’être opéré.

  • Écoutez l'entrevue de Frédérik Plourde au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:

Une occasion d’affaires

C’est dans le cadre d’un projet de fin d’études au baccalauréat en génie mécanique qu’il a développé le concept de la prothèse orthopédique pour remplacer l’articulation de l’épaule. C’est en cours de projet que lui et Samuel Bourdon, actuel étudiant à la maîtrise en génie biomédical à Polytechnique, ont décidé de fonder Statera Medical à l’automne 2020. Un 3e associé s’est ajouté, soit le Dr Moreno Morelli, chirurgien orthopédiste à l’hôpital St. Mary’s de Montréal, à titre de médecin en chef.

«Comme c’est un problème d’envergure internationale, on a discuté avec des chirurgiens d’ici et d’ailleurs. Tous nous ont dit qu’ils n’étaient pas satisfaits des résultats offerts par les prothèses actuelles. Ils étaient emballés par le concept que nous avions développé. C’est là qu’on a su qu’on avait une occasion d’affaires incroyable», raconte Frédérik Plourde.

En plus de la conception de sa prothèse Tera-Life, Statera a également amélioré la procédure chirurgicale pour qu’elle soit moins invasive. Son produit pourrait aussi être un des premiers implants connectés offerts sur le marché. En effet, la prothèse communiquera de l’information aux chirurgiens sur la condition de l’implant, le pourcentage de réussite de l’opération, d’éventuels problèmes de stabilité, etc. 

«Cela permettra de réduire l’utilisation de rayons X pour vérifier l’état de la prothèse. Les implants de nouvelle génération deviennent de plus en plus une réalité dans le domaine médical.»

Un bon coup de pouce

Être lauréat d’une des Bourses Pierre-Péladeau permettra à Statera d’accélérer le processus d’homologation de sa prothèse auprès de Santé Canada et de la Food and Drug Administration aux États-Unis et ainsi de l’offrir plus rapidement aux patients. 

«On vise une mise en marché d’ici 2023 ou 2024», précise le jeune entrepreneur.    

  • Écoutez le ballado Sur un 10 cents à QUB radio:   

Il reste quelques étapes à franchir d’ici là. En septembre, Statera commencera une phase de tests sur des spécimens cadavériques en vue d’une validation scientifique. C’est aussi à l’automne que les associés, qui suivent actuellement le programme Propulsion du Centech, un accélérateur technologique affilié à l’École de technologie supérieure, prévoient finaliser le design du produit afin d’amorcer les demandes d’homologation.

Dans sa stratégie de commercialisation, Statera visera en premier lieu le marché américain.

«Les États-Unis sont plus ouverts à l’innovation, explique Frédérik Plourde. Ils intègrent plus rapidement sur le marché de nouveaux dispositifs médicaux. Cela nous facilitera la tâche pour attaquer ensuite le marché canadien.» L’Europe est aussi dans la mire.

Statera, qui emploie actuellement huit personnes, prévoit faire croître ses effectifs jusqu’à 25 salariés d’ici les deux à trois prochaines années. L’entreprise possède déjà un atelier pour la fabrication de sa prothèse. D’ici quelques mois, les associés devraient mener leur première ronde de financement en vue de la phase de commercialisation. Le père de Frédérik Plourde peut espérer attendre moins longtemps que prévu pour être opéré !

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