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Biden s’en prend aux républicains, accusés de « saper » le droit de vote

Biden s’en prend aux républicains, accusés de « saper » le droit de vote
AFP

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Il se savait attendu au tournant, notamment par les militants des droits civiques: Joe Biden a accusé mardi les républicains de mener une «attaque contre la démocratie» en essayant de «saper» le droit de vote, dans un discours énergique.

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En toile de fond de cette intervention très attendue par les militants des droits civiques, des législations électorales restrictives qui se multiplient dans les États sous contrôle républicain.

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C’est à Philadephie, la ville où la Déclaration d’indépendance et la Constitution américaine ont vu le jour, que le président démocrate a livré un discours particulièrement énergique, à défaut de pouvoir aujourd’hui contrer ces initiatives au plan fédéral.

«L’Amérique vit aujourd’hui (...) une tentative de saper et supprimer le droit de vote», a-t-il dit, dénonçant une «attaque contre la démocratie, une attaque contre la liberté».

Le président a même évoqué «l’épreuve la plus importante pour notre démocratie depuis la guerre de Sécession», au XIXème siècle.

Les lois ou projets de loi visés par Joe Biden, sous prétexte de lutter contre la fraude, ont pour effet de compliquer l’accès aux urnes des minorités, et en particulier des Afro-américains, qui historiquement votent davantage démocrate.

Depuis janvier, le processus s’est accéléré: 17 États ont adopté 28 lois électorales restrictives et des dizaines d’autres sont en cours d’examen, selon le Brennan Center for Justice.

Au Texas, un projet de législation vient de provoquer une crise politique ouverte.

Des dizaines d’élus démocrates ont quitté leur État en urgence lundi, afin d’empêcher l’adoption d’une loi voulue par la majorité républicaine au parlement texan.

«Grand mensonge»

Ce projet de loi texan, à l’instar de législations déjà adoptées en Géorgie et en Floride, interdit par exemple le vote en «drive-in» - où l’électeur dépose son bulletin depuis la fenêtre de sa voiture - ou instaure de nombreuses restrictions sur les horaires de vote et le vote par correspondance.

L’accès au vote, sujet qui traverse la vie politique américaine depuis les grands mouvements pour les droits civiques des années 1950 et 1960, est revenu sur le devant de la scène depuis la dernière présidentielle.

L’ex-président Donald Trump et ses partisans continuent en effet, sans la moindre preuve, à clamer que la victoire de Joe Biden est le résultat d’une fraude électorale massive.

Le président démocrate ne s’est d’ailleurs pas privé de critiquer au passage son prédécesseur, qui continue à revendiquer la victoire.

«Un grand mensonge... Ce n’est que ça: un grand mensonge», a dit Joe Biden. «Aux États-Unis, quand on perd, on accepte le résultat, on respecte la constitution.»

Si la bataille sur le droit de vote se joue à l’échelle des États, elle a aussi lieu devant la justice, à coups de recours et de jurisprudence.

La Cour suprême américaine a par exemple validé début juillet des réformes électorales controversées en Arizona.

Au plan fédéral, l’administration Biden n’a pour l’instant pas beaucoup de marge de manœuvre.

Le président a certes appelé à former une «coalition» des bonnes volontés et promis de renforcer les effectifs du ministère de la Justice, qui conteste devant les tribunaux les nouvelles législations restrictives.

Mais sur le plan législatif, les démocrates ont, pour l’instant, les mains liées.

Joe Biden a appelé mardi le Congrès à rétablir la «puissance initiale» d’une législation née du combat pour les droits civiques, le «Voting Rights Act» de 1965, peu à peu érodée en particulier par la jurisprudence de la Cour suprême.

Les sénateurs républicains bloquent toutefois jusqu’ici toute tentative législative en ce sens.

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