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Bras de fer entre Cascades et des travailleurs de l’État de New York

Les Machinistes accusent l’entreprise québécoise de manœuvres antisyndicales

À l’emploi de Cascades depuis plus de vingt ans, Shawn Reed souhaiterait que la québécoise traite ses employés de la même manière qu’elle traite ses actionnaires.
Photo tirée de Twitter À l’emploi de Cascades depuis plus de vingt ans, Shawn Reed souhaiterait que la québécoise traite ses employés de la même manière qu’elle traite ses actionnaires.

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La tension grimpe dans les négociations en vue de la signature d’une première entente de travail entre la papetière Cascades et les quelque 120 employés de son usine américaine de Niagara Falls, dans l’État de New York.

Représentés par les Machinistes, ces aspirants syndiqués tentent en vain depuis deux ans d’en venir à une première entente de travail avec leur employeur. 

Or les négociations s’étirent à ce point, que le leader de la majorité au Sénat américain, Chuck Schumer, et la sénatrice américaine Kirsten Gillibrand viennent de s’en mêler en demandant formellement à l’entreprise québécoise de bien vouloir négocier de bonne foi avec ses employés.

Du respect d’abord

« Cela fait plus de deux ans que ça dure, déplore Ronald Warner, le représentant d’affaires du syndicat de AIMTA, que les employés de Cascades ont choisi de joindre au printemps 2019. Ce genre de chose prend normalement 6 à 12 mois à régler. Pas deux ans comme c’est le cas actuellement », soutient-il en entrevue avec Le Journal, soutenant avoir déjà négocié une centaine de contrats de ce type en 16 ans.

Les travailleurs de cette usine, anciennement connue sous le nom de sa filiale Norampac, ont voté en faveur de leur syndicalisation en avril 2019. 

Dans les semaines qui ont suivi, la National Labor Relation Board a entériné le résultat, déclenchant un processus de négociation d’un premier contrat de travail. 

Un fleuron « gênant »

Deux ans plus tard, non seulement les syndiqués ne croient plus en la volonté de Cascades d’en venir à une entente, mais ils l’accusent d’avoir substantiellement réduit leurs versements, à titre de partage de bénéfice, par simple souci de représailles.

« Nous sommes rendus à l’été 2021 et Cascades refuse toujours de négocier, regrette Shawn Reed, représentant syndical et employé de Cascades depuis 20 ans. Il est temps que Cascades nous traite comme elle traite ses actionnaires, c’est-à-dire avec respect. Nous sommes fiers de travailler chez Cascades [...] Nos salaires sont décents, mais il y a certaines choses que l’argent ne peut pas acheter, notamment le respect et la dignité. »

David Chartrand, vice-président canadien de l’AIMTA, cherche aussi à faire débloquer l’impasse. 

« C’est frustrant et gênant de voir un fleuron québécois agir de la sorte, surtout que les Québécois en sont actionnaires par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Tous les travailleurs méritent d’être traités respectueusement [...], qu’ils soient du Québec, de l’État de New York ou d’ailleurs. »

Appelé à réagir, le vice-président aux communications de Cascades, Hugo D’Amours a nié que l’entreprise ait pu réduire les sommes versées aux travailleurs à titre de contribution aux bénéfices de l’entreprise par représailles et rejette l’idée qu’elle se traînerait volontairement les pieds. 

Au contraire, Cascades soutient que le ton des négociations est « bon et courtois », qu’elles se poursuivent et « progressent bien ».

Le titre de Cascades a progressé de 0,19 % hier, pour clôturer à 15,74 $ à la Bourse de Toronto. Depuis le début de 2021, la valeur de son action a crû de 9,92 %, mais de 3,55 % depuis 12 mois.

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