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La relance est difficile pour des commerçants du Vieux-Québec

L’industrie touristique demeure fragile malgré une croissance de la fréquentation

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les touristes sont de retour sur la rue Saint-Jean.

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Au bord du gouffre après une année et demie de pandémie, l’industrie touristique de Québec connaît finalement une embellie, mais évite de crier victoire alors que certains commerces peinent à tirer profit de l’achalandage surtout québécois.

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Au début du mois, les hôtels de Québec ont affiché des taux d’occupation très encourageants avec une moyenne de 52 %, comparativement à 26 % il y a un an.

Un sommet de 72,5 % d’occupation a été atteint lors du week-end de la fête du Canada le 1er juillet dernier.

Des touristes sont sur la place Royale.
Photo Stevens LeBlanc
Des touristes sont sur la place Royale.

La Vieille Capitale s’est ainsi classée au deuxième rang des grandes villes canadiennes, derrière Vancouver et devant Montréal, affichant l’une des plus fortes croissances, selon l’Office du tourisme de Québec (OTQ).   

  • Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Robert Mercure, directeur général de l’Office du tourisme de Québec, sur QUB radio:    

La durée des séjours est aussi en croissance, étant passée de 1,7 nuit à 2,4 nuits en moyenne.

Cette manne touristique, venant principalement du Québec et de l’Ontario, ne semble toutefois pas profiter à tous.

Les touristes sont de retour dans le Petit Champlain.
Photo Stevens LeBlanc
Les touristes sont de retour dans le Petit Champlain.

Pas suffisant

L’impossibilité pour les touristes américains de se rendre au Canada, qui persiste, fait mal à certains établissements, comme à l’Hôtel du Vieux-Québec, rue Saint-Jean, où ils représentent habituellement de 90 à 95 % de la clientèle.

Selon la directrice des réservations, Peggy Ann Comeau, l’hôtel affiche un taux d’occupation moyen oscillant entre 15 et 20 %. «Ce n’est vraiment pas suffisant pour pouvoir tout reprendre le retard qu’on a», constate-t-elle.

La copropriétaire de la boutique d’articles de décoration 3 Poules, située côte de la Fabrique, explique aussi qu’elle a un sentiment «un peu mitigé», car les gens ne semblent pas être en «mode achat». 

« Durant la fin de semaine, il y avait vraiment beaucoup de gens dans la rue [...], mais nous, nos ventes sont en dramatique diminution pareil. On a 80 % de diminution sur nos ventes quand même [par rapport à avant la pandémie] », affirme Isabelle Beaulieu, qui s’accroche à l’espoir d’une ouverture de la frontière canado-américaine cet automne.

Isabelle Beaulieu, copropriétaire de la boutique 3 Poules, située côte de la Fabrique.
Photo Stevens LeBlanc
Isabelle Beaulieu, copropriétaire de la boutique 3 Poules, située côte de la Fabrique.

Optimisme prudent

Le nouveau président de l’OTQ, Robert Mercure, reconnaît que l’industrie fait face à de nombreux défis, dont ceux de la rareté de la main-d’œuvre, qui a contraint certains hôtels à refuser des clients, et de la reprise du tourisme d’affaires.

Il concède qu’«on n’est pas sorti du bois encore.»

«Je suis optimiste, mais réaliste. Je suis encouragé par les résultats que nous avons à date, mais je suis réaliste, dans le sens qu’il y a beaucoup, beaucoup plus de travail à faire dans un contexte de relance», indique-t-il.

De son côté, l’Association hôtelière de la région de Québec est également satisfaite de ce début de saison touristique «dans les circonstances», mais signale que l’avenir est encore rempli d’incertitude.

En septembre, période généralement plus populaire chez les clients internationaux, les livres de réservation ne sont remplis qu’à 10-12 % actuellement, souligne la directrice générale, Marjolaine de Sa.

DES SIGNAUX ENCOURAGEANTS  

«Il y a quand même une amélioration considérable par rapport à l’année dernière. C’est sûr que ce n’est rien comparativement à ce qu’on a déjà connu, mais ça augure pour le mieux. On est des optimistes.» 

– Maude Vaillancourt, directrice des opérations, boutique Artisans Canada

«On a eu beaucoup d’Ontariens depuis la fête du Canada. Les Québécois sont au rendez-vous de partout en province, alors on est contents. Il y a des gens et on a de belles ventes.» 

– France Marcotte, galeriste-propriétaire, Galerie Douce Passion

«On a une belle clientèle d’un peu partout. Le monde est souriant et content de sortir, c’est vraiment le fun. C’est certain que ce ne sont pas les étés qu’on a déjà connus avec les Américains et les Européens. Ce n’est pas surbooké, c’est juste bien.»

– Yanick Parent, propriétaire de restaurants, dont La Bûche et le Bello Ristorante, et hôtelier

«Ça va bien dans les circonstances de sortie de crise. [...] C’est vivant et les clients sont au rendez-vous. Jamais comme en temps normal, mais on est positifs, on est contents, et ça va aller de mieux en mieux dès que les frontières vont ouvrir.»

– Sonia Gilbert, propriétaire de l’Hôtel 71 et de l’Auberge Saint-Pierre

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