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La folie immobilière: du jamais-vu

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C’est de la folie furieuse, cette bulle dans laquelle baigne l’immobilier résidentiel.

Alors que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) anticipait une baisse d’entre 9 et 18 % des prix dans le secteur résidentiel en raison de la crise économique et de la crise sanitaire causées par la pandémie de COVID-19, c’est tout le contraire qui s’est produit. 

Nous avons plutôt eu droit à une flambée des prix. Du jamais vu au Québec !

Au cours des 15 mois allant de mars 2020 à la fin juin, le prix médian de la maison unifamiliale au Québec a explosé de 33,9 % et celui de la copropriété, de 32,8 %.

LA FLAMBÉE PAR RÉGION

Sur l’île de Montréal, le prix médian de l’unifamiliale a augmenté de 212 500 $ (+ 37,5 %) en 15 mois, passant ainsi de 540 000 $ en mars 2020 à 742 500 $ en juin dernier.

C’est à Vaudreuil-Soulanges où les plus grosses augmentations en termes de pourcentage ont été observées. Le prix médian de l’unifamiliale s’est envolé de 46,5 % (+ 170 500 $) à 537 500 $ et celui de la copropriété, de 41,1 % (+ 92 500 $) à 317 500 $.  

La région de Saint-Jean-sur-Richelieu suit de très près avec une hausse de 42,5 % du prix médian de l’unifamiliale, lequel est maintenant rendu à 420 500 $.

Sur la Rive-Sud de Montréal, l’unifamiliale a grimpé de 144 100 $ (+ 38,4 %), le prix médian bondissant à 519 000 $. C’est d’ailleurs dans cette région que le prix médian de la copropriété a enregistré sa plus forte hausse en chiffres absolus, soit de 107 000 $ à quelque 325 000 $. 

Du côté de la Rive-Nord de Montréal, l’unifamiliale a vu son prix médian grimper de 120 000 $ (+ 39,3 %) à 425 000 $. La copropriété, elle, atteignait les 279 950 $, en hausse de 84 950 $ (+ 43,6 %).

À Laval, la flambée des prix a été plus « modeste » avec une hausse de 31,1 % pour l’unifamiliale, qui se détaille maintenant à 505 000 $, et une augmentation de 27,8 % pour la copropriété, dont le prix médian est aujourd’hui de 345 000 $.

ÇA REPOSE SUR QUOI ? 

Comment peut-on justifier pareille bulle immobilière en période de pandémie ? Chose certaine, on ne peut quand même pas parler d’enrichissement collectif.

Durant cette même période de 15 mois, laquelle a été durement frappée par la paralysie de plusieurs secteurs économiques, la rémunération des salariés a peu varié, et ce, en dépit des millions d’employés qui ont bénéficié de la Subvention salariale d’urgence du Canada, octroyée aux entreprises victimes de la pandémie.

Cela dit, ce n’est quand même pas avec une subvention de remplacement (de ton salaire) de 847 dollars par semaine que tu peux te permettre de jouer le jeu de la surenchère immobilière.

Et ce n’est évidemment pas les diverses prestations fédérales (dont la Prestation canadienne d’urgence, la Prestation canadienne de la relance économique, etc.) accordées aux millions et millions de victimes de la pandémie qui ont pu permettre à ces gens de se lancer dans l’achat d’une onéreuse propriété. C’est beau, la PCU ou la PCRE, mais ça ne rapporte que 500 $ par semaine.

On aura beau me dire que le taux d’épargne des gens a augmenté durant les 15 mois en question, en raison d’une réduction sensible des dépenses de consommation ; cela ne peut expliquer la flambée des prix dans l’immobilier résidentiel.

À mon avis, cette flambée des prix a été alimentée par un déséquilibre entre l’offre de propriétés à vendre et la demande, par une surenchère alimentée par les courtiers immobiliers, par des taux hypothécaires artificiellement bas et par le surendettement.

En fin de compte, notez que la région métropolitaine de Québec a été épargnée ou presque par la folie immobilière. L’unifamiliale a augmenté de 16,1 % et la copropriété, de 10,7 %.