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Surdoses : Des milliers de morts de plus que prévus en marge de la pandémie

Surdoses : Des milliers de morts de plus que prévus en marge de la pandémie
AFP

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Près de 3700 Canadiens de moins de 65 ans de plus que prévu sont décédés d’une intoxication accidentelle entre mars 2020 et avril 2021, en marge de la pandémie de COVID-19, révèle une étude de Statistique Canada publiée lundi. 

Plus précisément, le taux de mortalité associé aux surdoses de drogues à l’échelle du pays a atteint 11,3 décès par 100 000 personnes en 2020, soit le pire taux depuis le précédent sommet de la crise des opioïdes, qui avait culminé à 10,2 décès par 100 000 habitants en 2017.

Tout porterait à croire que la pandémie aurait été la principale cause de décès, étant donné que plus de 5500 Canadiens de moins de 65 ans de plus que prévu sont décédés entre mars 2020 et avril 2021. Cependant, la COVID-19 est loin de pouvoir expliquer cet écart à elle seule, le coronavirus n’ayant été mis en cause que dans 1380 décès au cours de cette période, pour les moins de 65 ans.

«Les décès en surnombre sont, en grande partie, liés à d'autres facteurs, comme l'augmentation du nombre de décès attribuables à la consommation d'alcool ou de drogues [...] ainsi que les maladies et les problèmes de santé liés à la consommation d'alcool», peut-on lire dans l’étude.

Plusieurs provinces, dont l’Ontario, l’Alberta et, surtout, la Colombie-Britannique, ont connu des nombres records de surdoses mortelles en 2020, principalement lié à la consommation, volontaire ou via des drogues contaminées, de fentanyl ou de ses dérivés. Le fentanyl est un opiacé synthétique 100 fois plus puissant que la morphine, responsable de milliers de décès au Canada dans les dernières années.

Les drogues n’expliquent cependant pas tout. La consommation d’alcool a aussi entrainé la mort de 480 jeunes de 0 à 44 ans (325 en 2019) et de 1790 Canadiens de 45 à 64 ans (1525 en 2019), a noté Statistique Canada.

«Les décès causés par l'alcool comprennent les décès attribuables à un certain nombre de maladies et de problèmes de santé liés à la consommation chronique d'alcool, mais ne comprennent pas les décès accidentels, comme les accidents de la route», est-il précisé dans l’étude.