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Un grand ménage autour d'Anglade!

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On dit souvent qu’en juillet, il ne se passe rien en politique.

Mais au PLQ de Dominique Anglade, ça bouge... vers la sortie.

Trop à droite ?

Depuis quelques semaines, les départs se multiplient.

Le dernier en date fut celui de Patrick Déry, embauché en mars comme « consultant avec mandat de conseil stratégique » auprès de la cheffe.

Depuis le début de la pandémie, Déry s’était fait remarquer entre autres par ses publications quotidiennes sur Twitter illustrant l’évolution de la situation. L’« analyste de politiques publiques » critiquait de manière souvent virulente les mesures du gouvernement Legault.

Fin février, dans l’entourage d’Anglade, on m’avait confié : « On aimait ses tweets, alors on l’a embauché. » Rapidement, cependant, Déry fut « recadré » par la cheffe pour avoir reproché à Horacio Arruda de colporter des « sottises antiscientifiques ».

Samedi, Déry révélait sur ses réseaux que son « aventure avec le PLQ » prenait fin : « Mon mandat étant échu, j’ai préféré amorcer de nouveaux projets. »

Certains au PLQ le trouvaient trop à droite. Lui-même s’en défendait, mais son passé à l’Institut économique de Montréal le plombait. Et ce, malgré ses attaques virulentes à l’endroit des conservateurs d’Éric Duhaime.

Trop à gauche ?

L’autre départ — j’en touchais mot samedi —, c’est celui de Jérôme Lussier, « tête pensante » d’Anglade, directeur des politiques, embauché, lui, en septembre 2020. Cet avocat et ancien chroniqueur, ex-caquiste (2012-2013), avait quitté Legault en raison du virage nationaliste qui se préparait.

Lussier, lui, poussait fortement dans le sens d’un progressisme décomplexé au PLQ. Il se serait qualifié lui-même de « pion de Québec solidaire au PLQ ». Mais aux yeux de certains, il allait trop loin. Décrit comme un intellectuel, il avait gagné l’estime de plusieurs, mais on lui reprochait des chocs avec les porte-parole élus du PLQ. « Les belles idées, il faut les traduire en politiques », insiste une source.

Goodbye

Justement, le 21 mai, plusieurs militants et membres du caucus libéral ont sursauté lorsque Dominique Anglade a présenté sa « nouvelle vision économique libérale ».

Première ministre, elle relativiserait la notion de « produit intérieur brut », aiderait les entreprises vertes qui redistribuent les profits aux employés, etc.

Les entreprises qui résisteraient à cette vision ne seraient plus les bienvenues. Ancien ministre des Finances, Carlos J. Leitão, aux côtés d’Anglade, avait précisé : « Dominique et moi avons subi des pressions quand nous étions au gouvernement : “Donne-moi ça, sinon je m’en vais.” Je pense qu’on devrait dire alors : “Tu veux t’en aller ? Goodbye!” »

Ce « Goodbye », plusieurs libéraux ne l’ont pas digéré. « Déjà que François Legault s’amuse à souligner une prétendue convergence PLQ-QS ! » Sans compter que Leitão aurait beau multiplier ce type de déclarations à l’emporte-pièce, il demeurera toujours le visage de l’austérité de l’ère Couillard.

Depuis la mi-juin, un grand ménage s’opère donc autour de la cheffe libérale. Son chef de cabinet, l’ancien député de Vanier, Patrick Huot, a été remplacé par Valérie Rodrigue, produit du sérail libéral.

Des sondages internes indiqueraient le pire. Le chiffre de 8 % chez les francophones des intentions de vote circule. Le PLQ fait moins bien avec Anglade que lorsque l’intérimaire Pierre Arcand était à sa tête ! Ces chiffres rendent quasi impossible le recrutement de candidatures fortes ; et annoncent la perte de châteaux forts.