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Un quartier mis sur le qui-vive après un meurtre par balle

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Les résidents de la Petite-Bourgogne, à Montréal, redoutent une flambée de violences pour venger le meurtre d’un jeune homme de 21 ans qui est survenu dans leur quartier résidentiel, début juillet.  

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«Est-ce que ça annonce une série de règlements de compte? C’est inquiétant, en tout cas», témoigne Nancy Riel, qui fréquente souvent avec ses deux enfants le parc Oscar-Peterson, dans le Sud-Ouest. 

Non loin de là, un jeune d’origine bengalie est devenu la onzième victime d’homicide à Montréal cette année, alors qu'il a été tué d’une balle à la tête dans le stationnement d’un HLM vers 18 h, le 3 juillet dernier. 

Nora T. Lamontagne/ JdeM

Près d’une dizaine de coups de feu ont aussi été tirés dans la nuit de samedi à dimanche dernier sur la rue Quesnel, qui longe le parc, sans qu’on puisse établir un lien entre les deux événements. 

Un été chaud

N’empêche, la tension est palpable dans la Petite-Bourgogne, un quartier «délaissé» composé de dizaines de HLM où cohabitent plusieurs communautés culturelles. 

Certains résidents en sont même rendus au point de craindre une balle perdue, ont-ils confié au Journal.  

«D’un été à l’autre, il y a toujours des coups de feu. Mais là, c’est un été plus chaud que les autres, et c’est sûr que ce n’est pas fini», reconnaît Michael Farkas, un intervenant d’expérience de Prévention Sud-Ouest.  

Nora T. Lamontagne/ JdeM

Ce dernier passe ses journées à «conscientiser, sensibiliser et éduquer» les jeunes, histoire de les tenir le plus loin possible de la criminalité.  

Pour certains ayant grandi avec le poids de la pauvreté et de la discrimination, faire partie d’un gang de rue est une réelle option, souligne M. Farkas.  

«D’autant plus que tout est très disponible ici, autant les drogues que les guns», fait-il remarquer, tout en se questionnant sur la prolifération de ces armes dans le quartier et la banalisation de leur usage. 

À toute heure de la journée

Preuve de leur omniprésence, un échange de tirs a éclaté en plein jour l’été dernier dans le parc Oscar-Peterson, où s’amusaient les tout-petits de la garderie du coin.  

«On a dû rassembler une vingtaine d’enfants pour les cacher en dessous de la glissoire, c’était horrible», se remémore une éducatrice d’origine syrienne qui a fui la guerre et qui a préféré taire son identité.  

«Le communautaire a un rôle à jouer, mais on ne peut pas tout faire non plus», soupire la directrice de Prévention Sud-Ouest, Céline Berck.  

Et c'est sans compter que, malgré les besoins criants de médiation et de patrouille sur le terrain, l’organisme a récemment appris que son maigre budget serait amputé de 20 000$ par la Ville de Montréal l'an prochain. 

Dans tous les cas, l’enjeu de la multiplication des incidents impliquant des armes à feu dépasse largement les frontières de la Petite-Bourgogne. 

Comme la compilation du Journal le démontre, des fusillades ont éclaté autant à Côte-des-Neiges qu’au centre-ville ou à Montréal-Nord depuis le début du mois. 

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