/news/currentevents
Navigation

Une carte pour recenser les interpellations policières

Les données permettront notamment de mieux cerner le profilage racial

interpellations police montréal
Photo courtoisie, Phil Bernard La chercheuse Carolyn Côté-Lussier souhaite colliger les données consignées par les citoyens de Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Une chercheuse veut avoir un meilleur portrait des interpellations policières à Montréal en lançant, dès mercredi, une carte interactive où les citoyens pourront contribuer aux données en y consignant leurs expériences.

• À lire aussi: Vague inquiétante de coups de feu à Montréal

• À lire aussi: SPVM: des caméras corporelles d’ici 2022, promet Plante

« Il sera possible de voir, sur la carte, les “points chauds” où il y a le plus d’interpellations qui auront été rapportées et de voir, par arrondissement, combien au total il y aura de signalements. [...] On souhaite vraiment que la population contribue pour avoir une meilleure idée sur le phénomène », explique Carolyn Côté-Lussier, la chercheuse principale au dossier, pour l’Institut national de la recherche scientifique.

Évoquant un « enjeu social d’importance », cette dernière espère que plusieurs milliers d’entrées seront inscrites sur la plateforme stopmtl.ca, par les citoyens de la métropole, afin d’obtenir un échantillon suffisamment vaste pour en faire l’analyse.

« Une interpellation, c’est une interaction entre un membre policier et un citoyen qui a mené à l’obtention de renseignements sur cette personne, sans que ça donne lieu à des sanctions, comme une amende ou une arrestation », précise Mme Côté-Lussier, qui mène la recherche en collaboration avec les universités McGill, Concordia ainsi que University College London.

Il sera possible de voir les points chauds des interpellations sur cette carte interactive du site internet stopmtl.ca.
Capture d’écran STOPMTL.ca
Il sera possible de voir les points chauds des interpellations sur cette carte interactive du site internet stopmtl.ca.

Des données variées  

Ceux qui le souhaitent pourront aller inscrire, sur le site, toutes les interpellations remontant aux débuts des années 2000 jusqu’à aujourd’hui.

En leur garantissant l’anonymat, on demandera aux citoyens d’indiquer des informations comme leur âge, leur genre, leur groupe ethnique ou racial et leur orientation sexuelle. On les questionnera aussi sur ce qu’ils faisaient lors de l’interpellation et sur le motif. On leur demandera également s’ils pensent qu’elle était justifiée. 

« Ça va nous permettre de dresser un meilleur portrait et d’avoir des données variées par après, qui seront accessibles à tous, explique Carolyn Côté-Lussier. Les organismes communautaires n’ont pas de chiffres pour appuyer leur revendication, ça va certainement venir aider. »

Un projet salué

Une jeune femme soutenant avoir été victime de profilage racial, l’automne dernier, par des policiers de Montréal salue le projet. 

« J’ai été interpellée et je ne comprenais rien de ce qui se passait. Rapidement j’ai été menottée, puis ils m’ont relâchée, disant que c’était une erreur sur la personne. J’avais vraiment peur », relate Natacha Elie, encore touchée par les événements. 

La jeune femme de 20 ans a porté plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et en déontologie policière.

À VOIR AUSSI