/entertainment/shows
Navigation

«Six°» de Flip Fabrique : entre prouesses et humour

«Six°» de Flip Fabrique : entre prouesses et humour
PHOTO COURTOISIE/Stéphane Bourgeois

Coup d'oeil sur cet article

Partant du principe que nous sommes à six degrés de séparation de tous nous connaître, la troupe Flip Fabrique a imaginé un spectacle qui alterne entre le burlesque, les prouesses physiques et le jeu théâtral, le tout teinté d’une bande sonore exceptionnelle. 

Actuellement présenté à la TOHU, dans le cadre du festival Montréal Complètement Cirque, «Six°» s’ouvre sur un décor «vintage» usé par le temps, dans lequel cinq personnages se croisent sans se voir, n’étant pas dans le même espace temporel.

Le premier à entrer s’appelle Robert, incarné par le génial Jamie Adkins. Homme terne sans envergure, son talent comique et son sens du burlesque se révèlent pourtant face aux petites difficultés de la vie, comme une porte qui ferme mal, un cadre qui se détache ou un téléphone mystérieux. Les rires jaillissent en cascades à chacune de ses facéties.

Plus tard, Jamie Adkins sublime l’art de la jonglerie en jouant avec des fruits de plus en plus gros, et épate avec un numéro d’équilibriste sur corde loufoque, mais totalement maîtrisé. Du grand art.

«Six°» de Flip Fabrique : entre prouesses et humour
PHOTO COURTOISIE/Stéphane Bourgeois

Duos et solos

Tout au long de la soirée, les numéros s’enchaînent avec aisance et naturel. L’acrobate Camille Tremblay repousse l’excellence dans un ravissant numéro d’équilibre sur un plateau tournant, et l’émotion se décuple encore avec le splendide segment de roue Cyr, parfaitement exécuté par Méliejade Tremblay Bouchard, accompagnée de la voix caverneuse de Leonard Cohen. Le temps est suspendu l’espace d’un instant.

La trame sonore, concoctée par le metteur en scène Olivier Lépine et le directeur artistique Bruno Gagnon, est quasiment un personnage du spectacle, les artistes reprenant parfois les paroles ou jouant avec le rythme des musiques durant leurs numéros. The Commodores, Alt-J, Patrick Watson ou encore Dr John figurent notamment sur la liste de lecture de «Six°».

Alors que le dénouement se prépare, Jacob Grégoire arrive avec une portion de trampoline déconcertante. Il se lance, bondit, saute et arrive en équilibre sur le dossier d’une chaise. Son aisance et sa dextérité sont incroyables, comme s’il était né en apesanteur.

Presque tous les numéros se déroulent en solo ou en duo, COVID oblige, mais le rythme et l’énergie ne connaissent aucune baisse. On est constamment hypnotisé par ce qui se déroule sur scène, l’enchaînement de chaque tableau laissant souvent place à des saynètes burlesques.

Dans la dernière scène, on retrouve finalement le fil conducteur du spectacle, qu’on avait un peu perdu en chemin, alors que tous les personnages des différentes époques se rencontrent. Et c’est avec un grand sourire que les spectateurs, qui peuvent enlever leur masque une fois assis à leur place, applaudissent ces cinq artistes de grand talent.

«Six°», de Flip Fabrique, est présenté à La TOHU jusqu’au 18 juillet, et ensuite à Montmagny, du 22 au 31 juillet. Flipfabrique.com pour les détails.