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Un oncologue acquitté d’avoir voulu blesser une agente de sécurité

Le médecin accusé de voie de fait avait roulé sur son pied, lui causant des blessures

Cour municipale
Photo d’archives, Chantal Poirier Pierre Dubé lors de son procès, en juin dernier, à la Cour municipale de Montréal.

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Un chirurgien oncologue de Montréal qui a écrasé avec sa voiture le pied d’une agente de sécurité lorsqu’elle a voulu l’empêcher d’accéder à un stationnement réservé aux patients a convaincu un juge qu’il n'avait pas blessé la femme intentionnellement.

Bien qu’il y ait eu contact entre le véhicule de Pierre Dubé et le pied de l’agente de sécurité Jade Lemay un matin d’avril 2020, cela est dû à l’imprudence mutuelle des deux individus, a tranché le juge Stéphane Brière, mercredi, à la cour municipale de Montréal. 

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«La preuve ne démontre pas hors de tout doute raisonnable que le défendeur a agi avec l’intention de lui causer des lésions», a-t-il dit.

Rappelons que le médecin de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui était en retard pour une réunion, avait voulu garer son VUS BMW dans un secteur réservé depuis peu aux patients. Ce matin-là, il se rendait au travail avec sa femme infirmière, sortie de sa retraite pour donner un coup de main pendant la pandémie.

L’agente de sécurité avait reconnu la voiture de l’oncologue parce qu’elle était déjà intervenue auprès de lui quelques jours auparavant, a-t-elle témoigné au procès, en juin. En le voyant arriver, elle s’est placée devant le véhicule pour «physiquement» lui bloquer l’accès au stationnement.

Un malheureux accident

«La preuve révèle une discussion d’environ 20 secondes. Ce n’est qu’au moment où [Pierre Dubé] doit se déplacer que Mme Lemay l’informe que son véhicule est sur son pied. Elle ne l’informe pas de douleur, ni de malaise, ni même du poids du véhicule qu’elle doit supporter avant cela. Il n’a alors aucune idée que son véhicule repose sur son pied», note le juge Brière. 

Aussi a-t-il conclu qu’il s’agissait «d’un malheureux incident», bien que la victime ait été gravement blessée au pied et doive longtemps en traîner les
séquelles. 

Le spécialiste, qui était accusé de voie de fait armée et d’avoir infligé des lésions corporelles, a été acquitté. 

Accompagné de sa femme, il n’a pas voulu faire de commentaires.