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Vaccination: Macron frappe un grand coup

Dans les minutes suivant l’annonce du président Macron, les réservations pour se faire vacciner ont explosé. La coercition, ça fonctionne.
Photo AFP Dans les minutes suivant l’annonce du président Macron, les réservations pour se faire vacciner ont explosé. La coercition, ça fonctionne.

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Emmanuel Macron, président de la République, frappe un grand coup. Face à la montée inquiétante du variant Delta, il vise à accélérer rapidement la vaccination des Français. 

Primo : il impose dès août un passeport vaccinal dit le « pass sanitaire ». Seules les personnes vaccinées ou déclarées négatives auront accès à une brochette d’activités et de lieux. 

Deuxio : il impose la vaccination à tous les soignants, non-soignants et bénévoles. Et ce, dans les hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, ressources d’hébergement pour personnes aînées ou en situation de handicap intellectuel et/ou physique.

Ils auront jusqu’au 15 septembre pour se faire vacciner. Après quoi, les réfractaires ne pourront plus travailler et ne seront pas payés. Point. Depuis l’annonce du président, partout en France, les réservations pour se faire vacciner explosent. On le sait. La coercition, ça fonctionne.

Agir maintenant

La France s’ajoute à la liste croissante d’États qui, à divers degrés, imposent la vaccination. L’art de prendre le taureau de la COVID-19 par les cornes. 

Face à une pandémie tenace, de telles décisions s’imposeront de plus en plus. Parce qu’il faut protéger les plus fragiles, rouvrir l’économie plus largement et aider les systèmes de santé à reprendre leur souffle.

Et au Québec ? En termes opérationnels, la campagne de vaccination est un succès. Quarante-six pour cent des Québécois ont reçu leur deuxième dose, mais pour les autres, le temps presse. 

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, multiplie les initiatives pour inciter les Québécois restants à aller chercher leur première ou deuxième dose. Or, ici comme ailleurs en Occident, le panier de carottes incitatives commence à se vider. Emmanuel Macron l’a bien compris. 

Jusqu’ici, le gouvernement Legault s’est refusé à imposer la vaccination dans le réseau de la santé. Selon ses données, plus de 80 % des infirmières et des préposés aux bénéficiaires (PAB) seraient vaccinés.

Et dans les RI ?

On oublie cependant un élément majeur. Comme le rapporte La Presse, le taux de vaccination des employés dans les ressources intermédiaires (RI) pour personnes aînées ou adultes handicapées intellectuelles serait nettement insuffisant.

Pis encore, « les membres du personnel ne sont pas tenus, comme dans les hôpitaux, de se faire tester trois fois par semaine s’ils n’ont pas été vaccinés ». 

Le ministère de la Santé avoue même ne pas connaître « le pourcentage des employés vaccinés en ressources intermédiaires », « puisque ce sont des partenaires privés ». 

Les RI sont pourtant financées par les fonds publics. Dans le milieu des RI et chez les familles dont un être cher y réside, le refus d’une partie non négligeable des employés de se faire vacciner est en effet un secret de Polichinelle. Face aux variants, leur inquiétude monte. 

Une chose est sûre. Tant que la vaccination ne sera pas obligatoire dans les RI et RTF (ressources de type familial), des résidents déjà très vulnérables n’auront pas droit à la même protection dans leurs « milieux de vie » que les autres usagers du réseau de la santé.

C’est d’ailleurs pour protéger les plus fragiles qu’Emmanuel Macron impose la vaccination jusqu’aux employés de ressources d’hébergement pour aînés ou adultes en situation de handicap. Le Québec serait sage de s’en inspirer.

En pandémie, sur le plan de l’éthique, la soi-disant « liberté » de certains soignants de refuser le vaccin est un non-sens dangereux.