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Boxe: pèlerinage à New York

Makhmudov finalise sa préparation pour son combat au Mexique

Gala Eye of the Tiger Management
Photo d'archives, Martin Chevalier Samuel Peter avait goûté à la médecine d’Arslanbek Makhmudov lors du combat de championnat NABF des lourds en décembre 2019 au Centre Bell.

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Arslanbek Makhmudov remonte sur le ring la semaine prochaine au Mexique. Même s’il n’affronte pas un adversaire de premier plan, il n’a pas lésiné sur la qualité de son camp d’entraînement. 

En raison de la complexité à faire venir des partenaires d’entraînement de l’extérieur au Québec, le poids lourd (11-0, 11 K.-O.) a pris la direction de New York afin de pouvoir mettre les gants avec des pugilistes de qualité. 

Dans les dernières semaines, il a eu la chance de se mesurer au Polonais Adam Kownacki (20-1, 15 K.-O.) et à l’Américain Joey Dawejko (21-8-4, 12 K.-O.) à plusieurs reprises. 

« Je connaissais peu l’entraîneur de Kownacki, a expliqué Marc Ramsay lors d’une entrevue téléphonique avec Le Journal de Montréal. Je savais que son boxeur devait affronter le Finlandais Robert Helenius dans un combat revanche. 

« J’ai vendu le fait qu’Arslanbek pourrait faire un excellent partenaire d’entraînement en prévision de ce combat. De notre côté, ça nous permettait de mettre les gants avec deux gars de qualité en prévision de notre duel contre Pavel Sour. »

L’autre objectif de la présence de Makhmudov à New York est de le sortir de sa zone de confort. Ça lui permet de se mesurer à des boxeurs avec des styles différents de ceux qu’il voit à Montréal.  

  • Écoutez la chronique de Mathieu Boulay, journaliste sportif pour le Journal de Montréal et de Québec, sur QUB radio:

L’art de développer

Le développement d’un poids lourd n’est pas toujours une ligne droite jusqu’à un combat de championnat du monde. Le promoteur de Makhmudov, Camille Estephan, fait des pieds et des mains pour trouver des adversaires de qualité à son poulain, mais ce n’est pas toujours évident. 

Certains boxeurs demandent des bourses faramineuses même s’ils possèdent des qualités de boxe très ordinaires. Pour le moment, la stratégie du clan Makhmudov est de garder l’athlète actif soit par des combats, soit par des séances d’entraînement avec des partenaires de qualité. 

« Puis, lorsqu’on aura des opportunités intéressantes, il faudra qu’on embarque dans le train, a ajouté Ramsay. L’écart dans la palette des prix entre un adversaire normal et un de ceux du groupe qu’on vise est grand. »

« C’est vraiment dur d’attirer un poids lourd de qualité à Montréal à un prix qui a du bon sens. »

Pour mettre un combat d’envergure sur pied impliquant Makhmudov, Estephan aura possiblement besoin d’un coup de pouce d’un réseau de télévision américain. Les bourses tourneraient autour de 400 à 500 000 $ par boxeur. C’est la réalité de l’univers des poids lourds. 

Des adversaires potentiels

Pour le moment, il est illogique de penser que Makhmudov puisse affronter un des boxeurs du top 5 mondial des lourds. Il n’a pas encore la notoriété internationale pour permettre aux promoteurs de mettre les pièces du casse-tête en place. 

Sur le plan sportif, il a encore besoin de temps pour peaufiner son style dans le gymnase et dans ses combats. Selon Ramsay et Estephan, il a encore besoin de deux ou trois combats avant de pouvoir jouer dans la cour des grands. 

Quelle est la suite des choses ? Il doit continuer de voir de l’action afin d’être prêt si une offre alléchante lui était présentée. Pour le moment, il serait capable de tenir son bout contre des boxeurs comme Dillian Whyte, Joseph Parker, Dereck Chisora, Joe Joyce et Otto Wallin. Ceux-ci ne lèvent pas la main pour affronter le Montréalais d’origine russe. Ils évaluent que le risque est trop élevé. 

Estephan devra jouer du coude pour dénicher un combat de cette importance à Makhmudov. Il en est bien conscient. Il n’est pas du genre à reculer devant ce type de défi. Ceux qui pensent le contraire ne connaissent pas l’homme d’affaires.