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Faire la maternelle dans un vestiaire

Une classe doit être aménagée au sous-sol d’un centre de loisirs de Lanaudière faute d’espace dans l’école

GEN - CLASSE DE MATERNELLE RELOCALISÉE
Photo Martin Alarie Karen McGurrin, présidente du conseil d’établissement de l’école, et Martin Bordeleau, maire de Saint-Côme dans ce vestiaire qui servira de classe.

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Une école qui déborde dans Lanaudière en est réduite à relocaliser des petits de maternelle dans un sous-sol qui servait de vestiaire aux patineurs, Québec ayant ignoré les demandes d’agrandissement.

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«Les parents capotent. On s’entend, c’est une chambre de hockey. C’est zéro adéquat [pour accueillir] une classe», dit Karen McGurrin, présidente du conseil d’établissement de l’école primaire Saint-Côme.

Depuis au moins dix ans, la population de cette petite ville de 2800 habitants permanents ne cesse de croître. «C’est exponentiel», dit le maire, Martin Bordeleau.

Sachant que l’école allait éventuellement déborder, un dossier a été déposé il y a trois ans au ministère de l’Éducation afin de l’agrandir de quatre classes.

Le projet n’a pas été priorisé par Québec.

Avec la pandémie, Saint-Côme a attiré encore plus de nouveaux résidents, des chalets ont été convertis en résidences principales, illustre M. Bordeleau.

Résultat: en septembre, il manquera un local en raison d’un surnombre d’une dizaine d’élèves dans cette petite école de 153 jeunes.

Travaux

Une classe de maternelle sera donc localisée dans le sous-sol du centre de loisirs de Saint-Côme, une salle qui servait aux réunions communautaires et aux patineurs, l’hiver.

Les travaux ont commencé dans la pièce principale. Le sol en béton a été recouvert et les murs repeints.
Photo Martin Alarie
Les travaux ont commencé dans la pièce principale. Le sol en béton a été recouvert et les murs repeints.

De nombreux travaux devront être effectués pour transformer la salle en classe: insonorisation, revêtement du sol, etc. Leur coût n’a pas encore été déterminé.

«La seule chose qu’on peut faire, c’est espérer que notre fille ne soit pas placée dans ce groupe-là», soupire Samantha Perreault, mère d’une élève qui vivra sa première rentrée scolaire à l’automne.

Pendant ce temps, les citoyens de Saint-Côme n’auront plus accès à leur local. Une roulotte sera donc installée sur le terrain du centre des loisirs où les patineurs pourront enfiler leurs patins.

Tous ces travaux et ces dépenses ne serviront que pour dix mois. «C’est sûr qu’il y a du gaspillage d’argent», déplore M. Bordeleau.

Surprise ou pas?

«Nous sommes convaincus que ce sera une expérience positive pour les élèves», assure Steve Lapierre du service des communications du Centre de services scolaire des Samares. Le local est à distance de marche et l’enseignante prévoit mettre à profit la nature autour du chalet dans sa pédagogie, ajoute-t-il. 

Le maire croit aussi que les travaux suffiront à rendre le local adéquat. «Le problème, c’est vraiment que le ministère ait dormi au gaz». 

Pour lui, ce débordement n’était «absolument pas une surprise». Il se dit déçu que Québec ait ignoré ses «drapeaux rouges».

Du côté du Centre de services scolaire des Samares, on indique que les prévisions d’effectifs pour 2021-2022 étaient «stables» avant le petit boom dans les inscriptions.

La solution la plus simple aurait été d’installer une classe modulaire sur le terrain. Or, les demandes pour en commander doivent être faites plus d’un an à l’avance, explique M. Lapierre.

L’autre solution aurait été d’envoyer une dizaine d’enfants à l’école d’un village voisin, situé à une quinzaine de kilomètres. «Envoyer des petits de maternelle en autobus, [...] c’est sûr qu’on s’oppose à ça», insiste M. Bordeleau.

La communauté souhaiterait maintenant que leur demande d’agrandissement pour l’école soit acceptée au plus vite par le ministère, même s’il faudra plusieurs années avant d’en voir le résultat concret. 

Et à plus court terme, «je ne voudrais pas qu’on nous arrive en septembre pour nous apprendre que les travaux ne sont pas finalisés», prévient Mme McGurrin.


Au moment de publier, le ministère de l’Éducation n’avait pas répondu à nos questions.

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