/investigations
Navigation

Le gouvernement Legault accusé de vouloir faire une nouvelle nomination partisane

L’opposition dénonce une ingérence politique en faveur de l’ex-ministre péquiste

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de François Legault a été accusé à plusieurs reprises d’avoir bafoué sa promesse de mettre fin aux nominations partisanes notamment en ce qui concerne les sept personnes ci-dessus.
Photos d’archives et tirées de LinkedIn Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de François Legault a été accusé à plusieurs reprises d’avoir bafoué sa promesse de mettre fin aux nominations partisanes notamment en ce qui concerne les sept personnes ci-dessus.

Coup d'oeil sur cet article

La gouvernement Legault se discrédite une nouvelle fois en forçant le jeu pour faire une nomination partisane au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, après avoir promis le contraire, estiment les partis de l’opposition.

• À lire aussi: Controverse autour d’une sélection d'un DG au Conservatoire

La députée libérale Christine St-Pierre accuse le cabinet de la ministre de la Culture Nathalie Roy de s’être ingéré dans le processus de sélection pour le poste de directeur général du CMADQ, qui relève du conseil d’administration de l’institution d’enseignement.

«Tout a été fait dans les règles prescrites par la loi, a-t-elle dit en entrevue. La conclusion du C.A. ne plaît pas au cabinet alors il change la présidente et reprend tout ça, c’est troublant.»

Mme St-Pierre, responsable des dossiers de la Culture, a rappelé que dans l’opposition, le chef caquiste et ses députés ont martelé qu’ils ne feraient pas de nominations partisanes.

«Si quelqu’un a tapé sur le clou des nominations partisanes en disait qu’il ne le ferait pas, c’est bien la CAQ, a-t-elle dit. François Legault, en lisant son journal ce matin, ne devait pas être fier de sa ministre.»

En arrivant au pouvoir en 2018, le premier ministre François Legault s’était engagé, dans son discours d’entrée en fonction, à mettre fin aux nominations partisanes.

Pressions

Notre Bureau d’enquête a révélé jeudi que le C.A. du CMADQ est traversé par une grave crise de confiance en raison de pressions reçues du cabinet de Mme Roy, pour favoriser la sélection de l’ex-ministre péquiste Maka Kotto au poste de directeur général.

Trois administrateurs ont démissionné après l’adoption d’une résolution proposée par la nouvelle présidente, Monique Leroux, de soumettre à la ministre une nouvelle liste de finalistes.

En avril, le processus s’était complété par l’adoption d’une résolution qui incluait les noms des deux candidats recommandés à la ministre pour le choix final. Cette liste ne contenait toutefois pas le nom de M. Kotto, qui est chroniqueur au Journal.

Selon plusieurs sources, l’ex-présidente du C.A., Marie-France Maheu, a été l’objet de pressions du cabinet de Mme Roy pour favoriser la sélection de M. Kotto.

Il était ministre de la Culture de 2012 à 2014 alors que, durant cette période, Mme Roy était responsable de ce dossier dans l’opposition.

Mépris

Québec solidaire a également souligné les contradictions de la CAQ sur le front des nominations.

Le député Alexandre Leduc a rappelé que plusieurs choix ont valu des critiques à la CAQ.

«Les institutions du Québec méritent des têtes dirigeantes compétentes choisies sans pression politique, a-t-il dit dans une déclaration écrite. Les nominations partisanes en série sont un mépris de nos institutions.»

Manipulation

La présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Line Lamarre, a dénoncé une entorse au processus du CMADQ.

«C’est une manipulation qui est difficile à justifier, dit-elle. Le conseil d’administration avait fait sa sélection.»

Le gouvernement aurait dû respecter la décision des administrateurs de ne pas retenir la candidature de M. Kotto.

«Ça veut donc dire qu’à tout moment, les conseils d’administration du gouvernement sont soumis aux envies du parti politique au pouvoir. Ce n’est pas à ça que sert un conseil d’administration.»

Marionnette

Selon Mme St-Pierre, Mme Leroux risque elle-aussi de se discréditer en acceptant de soumettre une nouvelle sélection de candidats à Mme Roy.

«A-t-elle pour mandat de mettre le nom que la ministre veut dans la courte liste? Elle devra répondre à des questions, a-t-elle dit. Elle ne peut pas se transformer en marionnette de la ministre de la Culture, surtout pas avec sa crédibilité et son expérience.»

À VOIR AUSSI: