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Un été politique chaud aux États-Unis

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La joute politique américaine des prochains mois mettra au premier plan des enjeux fondamentaux pour l’avenir des États-Unis et du monde.

Le temps n’était pas très propice pour une pause de trois semaines de mes chroniques, car la politique américaine bourdonne d’activité.

Quel que soit le point de vue qu’on adopte, les enjeux au cœur de ces confrontations concernent l’essence même de la politique à notre époque.

Les démocrates et la gouverne

Du point de vue démocrate, ce qui est en jeu est la capacité d’une démocratie libérale de mobiliser les ressources de l’État, du marché et de la société pour surmonter des crises d’une ampleur historique.

Il y a la crise sanitaire, qui pourrait revenir en force. Il y a la crise économique, qui teste les limites des capacités gouvernementales et que les démocrates perçoivent comme l’occasion d’une refonte du rôle de l’État. Il y a aussi la crise sociale, qui remet en question ce qui unit les Américains comme peuple.

Ces défis seraient déjà extraordinairement difficiles à relever pour un gouvernement en plein contrôle de tous ses leviers d’action, mais les démocrates doivent composer avec des majorités infimes, des divisions internes et une opposition déterminée à tout bloquer.

Les républicains en guerre culturelle

La droite américaine est entièrement absorbée par les enjeux identitaires. Elle est plongée dans une « guerre culturelle ».

La majorité blanche et chrétienne est destinée à devenir minoritaire. Les conservateurs identitaires sont sur la défensive, ce qui contribue à radicaliser le Parti républicain, devenu l’instrument politique d’un groupe jadis dominant.

Le trumpisme n’est qu’un sous-produit de cette radicalisation, qui mène à percevoir l’adversaire politique comme un ennemi à abattre plutôt qu’un concitoyen. Il ne faut pas s’étonner que les républicains multiplient les mesures visant à restreindre le vote de ceux qu’ils voient comme des citoyens de seconde zone.

Le Parti républicain est devenu un culte de la personnalité sans autre projet que de s’accrocher au pouvoir au nom de la défense d’une Amérique idéalisée qui n’a jamais vraiment existé, ce qui justifie pour certains le recours à la violence.

En matière de politiques publiques, les républicains n’ont pas grand-chose à proposer et les déficits éléphantesques du mandat de Trump soulignent l’hypocrisie de leur conservatisme fiscal.

Plus que des spectateurs

Le monde a poussé un soupir de soulagement en novembre dernier, mais les partenaires des États-Unis et ceux qui croient encore à l’exemple démocratique qu’ils incarnent ont raison d’être inquiets. La joute politique américaine est cruciale, car si la démocratie libérale échoue aux États-Unis, son avenir est sombre ailleurs aussi.

Pour notre part, nous avons tout à gagner à ce que notre puissant voisin soit stable, prospère et engagé dans des institutions internationales qui servent nos intérêts.

Surtout, nous sommes aussi plongés à notre façon dans les crises qui affectent notre voisin et nous avons tout intérêt à prendre bonne note de leurs bons coups et à éviter de tomber dans les mêmes pièges.