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De belles histoires de boxe

Ultimate fighting championship
Photo d'archives, Chantal Poirier GSP et Matt Serra se sont livré un combat mémorable au Centre Bell le 19 avril 2008 de l’avis de Michel Hamelin.

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SHAWINIGAN | Une vraie journée sur la route. Ça commence par un premier café avec Lady Ju à l’hôtel pis là, tranquillement, d’un café à l’autre, avec une toast très grillée pour faire passer la pilule pour la haute pression, les cafés se succèdent au fur et à mesure que les gens viennent s’asseoir à la table.

Des histoires de boxe, bien sûr, mais aussi des histoires de hockey. Des histoires de famille, des histoires de gambling, des histoires de la santé publique. Il y a toujours des histoires de santé publique. Voilà qu’à Shawinigan, en plus d’avoir à installer six toilettes dans le parking pour les clients des sections 101 en montant, on a aussi exigé que les Cataractes installent des lavabos. Dehors. Parce que le Purell, ce n’était pas suffisant. Il y aura donc six lavabos à pompe.

On n’arrête pas le progrès.

AU NOM DU FILS

Un coach racontait une histoire qui lui a serré le cœur. Il travaillait avec son fils à la préparation de ses boxeurs. Le jeune apprenait rapidement et était vraiment doué.

Pis, un soir, il a annoncé à son père qu’il voulait sortir de son ombre. Voler de ses propres ailes. C’est sûr que ça a fait mal. Un coup de couteau en plein cœur. Mais, son fils, ça demeure le fils. Surtout quand il est bon. Et rompre les liens du sang pour un boxeur ou deux, c’est un prix trop lourd à payer pour une colère.

Donc, le père est fier du fils. Mais l’affranchissement a toujours un prix. J’écoutais et je pensais à tous ces fils (ou filles, selon...) qui ont ressenti dans leurs tripes le besoin « de sortir de l’ombre ». De se faire un prénom quand le nom était trop lourd à porter. J’en connais des dizaines. Vous en connaissez. Parfois, ils ont rebâti des empires, parfois, ils ont accepté d’attendre des décennies...

Vous pensez que ça a toujours été facile pour Paul Stastny d’être le fils du grand Peter Stastny ? Ou d’être le fils du grand Jean Coutu ? Ou de l’extraordinaire entrepreneur Charles Sirois ? Ou d’être les gars de Robert Charlebois ? Arriver à démêler l’amour et le désir de grandir et de s’accomplir ?

Hier matin, au Pacini, c’était l’histoire d’un coach. Mais la même histoire, des fils d’entrepreneurs, de conquérants, de financiers, d’artistes l’ont vécue. Et des pères l’ont racontée...

Tout est dans la façon de devenir un homme.

DU CÔTÉ DU MA-MI

Une journée formidable sur la route. À midi, on a eu droit à une pesée presque normale. J’écris presque parce que n’importe quoi est mieux que les pesées paranoïaques vécues à Shawinigan et à Rimouski en 2020.

Puis, on the road again...

Destination, chez Ma-Mi, le restaurant de Maude et Claude Vallée. Sur la route 155 menant à La Tuque, à Grandes-Piles. Grandes-Piles a la même maladie que Shawi, donc la 155 s’appelle la 5e Avenue quand elle traverse le village. New York oblige.

Le dessert nous attendait. Michel Hamelin, l’ancien grand patron des sports de combat de la Régie des alcools, des courses et des jeux, nous attendait avec sa Lucie et son Winnebago. Lui il appelle ça un Jeep Wrangler. 

On n’avait pas vu Michel Hamelin « en présentiel » depuis des mois. La retraite lui va bien, même s’il a des airs d’homme battu parce qu’il travaille fort sur son terrassement. 

On a jasé boxe, on a jasé Régie, on a jasé régions. On a jasé bureaucratie. 

GSP CONTRE MATT SERRA

Mais avant qu’on se sépare, avant qu’il ne remonte dans son Winnebago qu’il appelle un Wrangler, j’avais une question qui me brûlait les lèvres.

– De toutes les soirées dont tu as été responsable, que ce soit à Montréal ou à Québec, laquelle aura été la plus excitante, la plus folle, celle que tu n’oublieras jamais ?

Rappelez-vous que Michel Hamelin a toujours eu le meilleur siège dans tous les galas présentés au Québec. Et parfois même en Roumanie ou à Verona.

Il a réfléchi un bon moment. Puis, LA soirée est remontée de l’oubli : 

– C’est le combat entre Georges St-Pierre et Matt Serra. Il y a une douzaine d’années. Je ne sais pas exactement le chiffre annoncé de l’assistance mais je n’ai jamais vu autant de monde dans le Centre Bell. C’était plein comme un œuf et le parterre était bondé. La UFC avait réservé tout le plancher. Il y avait des grosses pointures venues de Vegas ou de la Californie. Dans les gradins, la majorité des amateurs venait d’ailleurs du Québec. L’atmosphère était électrisante. C’était débile. À l’époque, la UFC débarquait quelque part et faisait ce qu’elle voulait. Au Québec, ça ne marchait pas de même. Il avait fallu établir les territoires. Après, ç’a toujours été bien avec Dana White et l’UFC. En plus, le combat avait été extraordinaire, de répondre Hamelin.

– Et la soirée de boxe la plus excitante ?

– Je dirais Jean Pascal contre Bernard Hopkins au Colisée de Québec. Un combat qui avait été fort bien jugé, soit dit en passant.

Mais quel combat !

Michel Hamelin a une bonne mémoire. Avant d’écrire cette chronique, je suis allé revoir le combat entre GSP et Matt Serra.

Même sur YouTube, même treize ans plus tard, c’est poignant. Et excitant. Et ce qui est génial avec la boxe, c’est qu’on ne sait pas de quoi sera faite la soirée de ce soir. Tout peut péter à n’importe quel moment...

Et donner des souvenirs qui vont défier les années.

DANS LE CALEPIN | Les Cataractes et Eye of the Tiger ont réussi à obtenir un autobus qui sera stationné au Centre Gervais Auto. Les amateurs de boxe pourront être vaccinés avant d’entrer dans l’amphithéâtre. « C’est moins hot qu’un tailgate party mais ça fait avancer la cause », a dit Roger Lavergne.