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Joueur de football, même sans un bras

Joueur de football, même sans un bras
Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

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Même s’il lui manque un bras en raison d’une malformation, un étudiant de 17 ans de Sorel-Tracy a réussi à se tailler une place au sein de l’équipe de football des Voltigeurs du Cégep de Drummondville en division 3. 

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Jérémy Pelletier est né avec une amputation congénitale au bras gauche. Son handicap ne l’a pourtant pas empêché de se démarquer.

«J’ai commencé à jouer au football en sixième année, raconte-t-il. J’ai dû apprendre à attraper le ballon avec une main. Au début, c’était compliqué, mais j’ai réussi à m’adapter. Plus jeune, j’avais toujours été actif en pratiquant le soccer et le basketball. Je n’ai jamais laissé mon handicap me freiner.»

Joueur de football, même sans un bras
Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

«Au départ, j’étais joueur de ligne à l’attaque et c’était beaucoup plus simple, ajoute l’adolescent. Je pouvais pousser le joueur en face de moi et m’en sortir. Toutefois, lorsque j’ai commencé à jouer à la position de secondeur, j’ai dû me trouver une technique particulière. Au moment de plaquer l’adversaire, j’essaie de m’agripper à lui et de placer mon moignon dans ses jambes pour le faire tomber.»

Équipé de différentes prothèses sélectionnées en fonction de l’activité, le jeune sportif pratique le motocross dans ses temps libres, en plus de s’entraîner au gymnase sur une base régulière.

Une source d’inspiration dans la NFL

Jérémy Pelletier n’a pas à chercher bien loin pour s’inspirer. Les Seahawks de Seattle, dans la NFL, comptent sur Shaquem Griffin, un secondeur handicapé d’une main depuis l’âge de 4 ans.

Shaquem Griffin (#49).
AFP
Shaquem Griffin (#49).

«C’est un exemple pour moi, affirme celui qui commencera une technique en génie mécanique cet automne. À son arrivée dans la NFL, j’étais au secondaire. En le voyant se rendre à ce niveau, j’ai réalisé que je pouvais aller loin. Cela m’a inspiré à travailler encore plus fort pour me faire recruter.»

Sa détermination lui a permis d’attirer l’attention des Voltigeurs du Cégep de Drummondville.

«On est content de compter sur un jeune qui se surpasse comme Jérémy le fait pour avancer dans la vie, indique l’entraîneur-chef des Voltigeurs, Philippe Leduc. Il est résilient et très travaillant. Ça respecte la culture de notre équipe. Un joueur qui arrive avec cette attitude va avoir sa chance, peu importe son sexe, son origine ou son handicap.»

Jérémy Pelletier ignore si sa passion pour le football le mènera dans les rangs universitaires un jour. Il est toutefois convaincu du chemin à suivre pour atteindre ses objectifs.

«Si quelqu’un devient handicapé du jour au lendemain, la personne ne doit pas s’arrêter, insiste le principal intéressé. Elle doit aller chercher de l’aide en "réhabilitation". Ça va être plus difficile de fonctionner normalement, mais en travaillant fort, tu vas réussir.»