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Les frais de santé des enfants migrants enfin couverts

Plusieurs n’allaient plus consulter à cause des coûts

GEN - NADJA POLLAERT DE MÉDECINS DU MONDE
Photo Martin Alarie Nadja Pollaert, directrice générale de Médecins du monde Canada.

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Environ 5000 enfants vivant au Québec avec un statut migratoire précaire pourront désormais recevoir gratuitement des soins de santé dont ils étaient parfois privés en raison de leur prix exorbitant. 

« Ça fera toute la différence pour des familles qui n’osaient pas consulter dans le système parce que ça coûte une fortune », se réjouit Nadja Pollaert, directrice générale de Médecins du monde Canada. 

Ce changement est dû à l’adoption le mois dernier du projet de loi 83, qui étend la couverture de la Régie de l’assurance maladie du Québec aux enfants nés de parents migrants à statut précaire (étudiants internationaux, certains travailleurs temporaires, personnes en attente d’une réponse d’une demande de parrainage, etc.). 

Depuis 20 ans, l’organisme Médecins du monde militait pour une telle mesure, témoin du désarroi de parents qui devaient se ruiner pour soigner leurs enfants ou renoncer à des traitements médicaux pourtant nécessaires. 

Dépenses crève-cœur

Ils devaient par exemple débourser des centaines de dollars pour un bilan de routine chez le pédiatre, 500 $ pour l’ouverture du dossier de leur enfant à l’hôpital, ou 800 $ pour une visite à l’urgence, des prix exigés des patients étrangers – peu importe leur âge – pour être traités dans notre système de santé. 

Dans plusieurs cas, la clinique mont-réalaise où travaillaient des médecins bénévoles était le dernier recours de ces familles désemparées. 

L’adoption du projet de loi représente « un énorme soulagement pour ces parents qui n’auront plus à se battre pour obtenir des soins de base », constate Myriam Kaszap, infirmière de proximité à la clinique de Médecins du monde.

« J’en connais qui n’emmenaient plus leurs enfants au parc parce qu’ils disaient que c’est trop dangereux. Leur fille s’était cassé le bras et ça leur avait coûté des milliers de dollars », illustre-t-elle. 

D’autres se privaient du suivi de routine de leur nouveau-né, alors qu’une dizaine de visites médicales sont prévues avant l’âge de 5 ans, sans compter celles pour les bobos en tous genres. 

« J’ai souvent rencontré des enfants qui n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs années parce que leur famille ne pouvait pas se le permettre », témoigne l’infirmière. 


Médecins du monde compte désormais faire pression pour que le gouvernement couvre aussi le suivi de grossesse des femmes à statut migratoire précaire.