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Poursuite de 2,3 millions $ contre la Villa du jardin fleuri à Trois-Rivières

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François Bourassa veut rendre justice à son père quatre ans après son décès à la Villa du jardin fleuri, à Trois-Rivières. Il poursuit pour 2,3 millions $ les responsables de la résidence pour aînés.

André Bourassa est mort d'hypothermie le 26 février 2017. En pleine nuit, il est sorti sans manteau ni bottes par la porte extérieure de sa chambre, qui s'est verrouillée. Son corps a été retrouvé par le personnel des heures plus tard.

«C'est épouvantable comme mort. C'est épouvantable! La porte était pleine de sang. Il essayait de rentrer dans sa confusion et ç'a duré longtemps. Dans le cas de mon père, il faisait -5 degrés», a commenté François Bourassa, encore ébranlé par les évènements.

En 2016, une résidente avait aussi trouvé la mort après avoir quitté sa chambre sans surveillance. Des lettres du CIUSSS révèlent que la Villa du jardin fleuri était en faute depuis des mois. Des avis de non-conformité ignorés par les dirigeants, même après les deux décès.

Dans les rapports d'inspection, on réitère que le système d'alarme est déficient, qu'il manque de surveillants la nuit et que la résidence continue d'accueillir une clientèle susceptible d'errance, malgré les avertissements du CIUSSS.

«Les raisons de la fermeture de la résidence sont les mêmes points directement qui ont causé la mort de mon père et celle de Mme Roberge. Après deux morts, il n'y a pas eu de changements et ce n'était encore pas grave. Il faut faire quelque chose parce que ça n'a pas de sens et ces personnes-là opèrent d'autres résidences encore, plusieurs!» rage François Bourassa.

À l'été 2017, la Villa du jardin fleuri perd sa certification pour avoir toléré une situation susceptible de compromettre la santé et la sécurité de ses résidents. L'établissement est ravagé par les flammes un an plus tard.

Aujourd'hui, le terrain est vacant. Il ne reste que l'enseigne.

La poursuite permettra de déterminer qui était responsable de la Villa du jardin fleuri. En effet, un système de prête-noms était utilisé. Parmi ceux-ci, celui d'Abraham Kaufman, qui a aussi fait les manchettes au printemps 2020 pour négligence.

Sa résidence privée de Saint-Hubert avait été prise en charge d'urgence par les autorités.

En septembre, François Bourassa devrait connaître la date de la tenue du procès.