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Procès de Guy Dion et Marie-Josée Viau: une enquête plus longue avec une taupe méfiante

Élucider les meurtres des frères Falduto n’a pas été de tout repos pour la police

Centre judiciaire Gouin
Photo Chantal Poirier Marie-Josée Viau et Guy Dion, accusés d’avoir agi comme des nettoyeurs pour la mafia, à leur arrivée au Centre judiciaire Gouin, à Montréal, la semaine passée.

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L’opération d’infiltration ayant permis de coincer un couple de Saint-Jude qui aurait agi comme nettoyeur de la mafia a été quatre fois plus longue que prévu, ce qui fâchait le délateur qui était en plus convaincu qu’il ne serait pas payé.

« Ça n’allait pas assez vite pour lui, on ne faisait pas les scénarios d’infiltration comme lui le voulait, il avait hâte que ça se termine », a expliqué l’enquêteur Patrick Pinard, vendredi, au Centre judiciaire Gouin.

Le policier de la Sûreté du Québec témoignait ainsi des difficultés qu’il a vécues en gérant un tueur à gages de la mafia qui a retourné sa veste afin d’aider à coincer ses complices Marie-Josée Viau et Guy Dion, qui l’auraient aidé à assassiner les frères Giuseppe et Vincenzo Falduto en juin 2016. 

Le tueur, accompagné d’un certain « Brad Pitt » aurait leurré les victimes jusqu’au domicile du couple à Saint-Jude, en Montérégie. Après les avoir invités à partager un repas dans un restaurant du coin, ils ont été abattus puis incinérés dans la cour des accusés.

Or, en janvier 2019, craignant pour sa sécurité, l’assassin est allé voir la police en se disant prêt à les aider en échange de protection et pour qu’une enquête soit ouverte contre des gens qui l’auraient agressé sexuellement.

Collaboration difficile

Mais si la police était d’accord et qu’elle lui a fait signer un contrat d’agent civil d’infiltration, ça n’allait jamais assez vite à son goût.

« On lui a dit que ça allait durer deux mois, a témoigné l’enquêteur. Il voulait que ça se passe en un mois. Malheureusement, il y a eu des éléments hors de notre contrôle, [l’opération] a duré neuf mois. »

Le policier a expliqué que la taupe, qu’on ne peut identifier, a ainsi montré des signes d’impatience. À un moment, elle a même cessé sa collaboration.

« Il est devenu méfiant envers la police », a dit le témoin en contre-interrogatoire par Me Mylène Lareau, de la défense.

Et les choses ne se sont pas améliorées quand il s’est mis à croire que les policiers étaient en train de monter une opération d’infiltration contre lui-même plutôt que contre ses complices allégués.

Peur pour sa paye

« On n’a pas fait ça », a assuré l’enquêteur, en ajoutant que la taupe était convaincue qu’elle ne serait pas payée, mais qu’elle a continué le travail afin que les policiers se penchent ensuite sur ses allégations d’agression sexuelle.

Après avoir mis la table sur le caractère du délateur et l’organisation de l’opération, ce sera bientôt au tour de la taupe de témoigner. Le jury va également bientôt pouvoir écouter les déclarations incriminantes qu’aurait faites le couple, qui ignorait tout de ce qui se tramait dans son dos.