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Un an après la mort de ses fillettes, la mère de Norah et Romy veut redevenir maman

La mère des petites Norah et Romy Carpentier assassinées l’été dernier a commencé ses démarches en fertilité

Amélie Lemieux
Photo tirée de Facebook Un an après le drame qui lui a volé ses filles Norah et Romy, Amélie Lemieux s’estime prête à ravoir des enfants. Elle est suivie à la clinique OriginElle de Montréal, menacée de fermeture, avec une femme porteuse pour réaliser ce souhait.

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La mère des petites Norah et Romy Carpentier, tuées par leur père l’an dernier après une longue cavale ayant tenu tout le Québec en haleine, a entamé des démarches en fertilité afin de fonder une nouvelle famille et retrouver le bonheur que lui procurent les enfants.

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« J’ai besoin [d’enfants] dans ma vie, c’est viscéral [...] Pour moi, être une maman, ce n’est pas un choix, c’est une vocation », confie d’une voix sereine Amélie Lemieux, presque un an jour pour jour après le meurtre de ses deux filles.

Tout le Québec avait pleuré la mort des deux jeunes filles, âgées de 11 et 6 ans, assassinées en forêt par leur père, à Saint-Apollinaire. Martin Carpentier s’était ensuite enlevé la vie.

D’une voix calme et posée, la femme de 37 ans explique qu’encore aujourd’hui « elle survit » au drame de l’été dernier, mais qu’elle a fait le choix de continuer à vivre, pour elle, mais aussi pour Norah et Romy.

Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy Carpentier tuées alors que leur père les avait kidnappées en juillet 2020, entreprend des démarches pour avoir d'autres enfants. Elle aura recours à une mère porteuse et sera suivi à la clinique OriginElles de Montréal.
Photo Facebook
Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy Carpentier tuées alors que leur père les avait kidnappées en juillet 2020, entreprend des démarches pour avoir d'autres enfants. Elle aura recours à une mère porteuse et sera suivi à la clinique OriginElles de Montréal.

Même si elle a trouvé du réconfort ces derniers mois auprès de ses neuf neveux et nièces, ce n’est pas assez.

« J’ai besoin de continuer à donner des bains, à magasiner des vêtements, à chausser de petits pieds, à me lever la nuit pour ramasser un pipi dans un lit », lance-t-elle en souriant, car vraiment tout lui manque.

« Je veux reprendre le rôle qui m’a été usurpé », clame-t-elle, pleine d’espoir.

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Mère porteuse, donneur inconnu

Pour réaliser ce rêve, Amélie Lemieux doit se tourner vers une mère porteuse. En octobre 2019, elle a subi une ablation de l’endomètre pour soigner des problèmes de saignements trop abondants.

L’opération ne rend pas infertile, mais une grossesse serait dangereuse.

À ce moment-là, elle estimait que sa famille était terminée. 

« Et neuf mois plus tard, je vivais le plus grand drame que personne ne veut vivre », laisse-t-elle tomber.

Romy et Norah Carpentier
Capture d'écran TVA Nouvelles
Romy et Norah Carpentier

À la suite d’un cri du cœur sur les réseaux sociaux, elle a trouvé une femme. Si tous les tests se déroulent parfaitement, elle pourrait porter un enfant d’ici trois semaines, précise Mme Lemieux.

Les embryons sont prêts, fécondés avec un donneur anonyme. 

« Je n’ai aucune information et je n’en veux pas », dit-elle, ayant même laissé l’infirmière le choisir. 

La seule ombre au tableau pour Mme Lemieux est la menace de fermeture de la clinique de fertilité OriginElle, qui l’accompagne et qui lui offre gratuitement ses services. C’est pourquoi elle en parle publiquement. 

À Québec, où ses ovules ont été fécondés, la clinique ne pouvait pas poursuivre les traitements avec une femme porteuse. 

À Montréal, une autre clinique l’a refusée d’emblée, estimant que la future femme porteuse, ayant subi deux césariennes et fait du diabète de grossesse, présentait un risque.

Mais OriginElle a accepté et Mme Lemieux s’y sent en sécurité. La clinique dit avoir accepté la femme porteuse puisque les césariennes ne sont plus des contre-indications et qu’elle a eu l’aval d’obstétriciens pour une nouvelle grossesse.  

Nouveau permis demandé

Cette clinique, menée par le Dr Seang Lin Tan, une sommité mondiale en fertilité, a fait une demande pour un nouveau permis auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Son entente avec le Centre universitaire de santé McGill était échue et elle a dû s’allier à un autre centre universitaire.

Mais le MSSS a manifesté son intention de refuser le permis, jugeant l’offre de services suffisante à Montréal.

La qualité des soins n’est aucunement en cause, assure l’avocate Lyanne Winikoff, qui aide la clinique dans ses démarches. 

Si elle doit fermer en mars prochain, Mme Lemieux suivra le Dr Tan en Ontario. Mais elle demande au gouvernement de laisser les femmes choisir leur clinique.

Confiante, Amélie Lemieux a déjà des prénoms pour les deux enfants qu’elle aimerait accueillir et qu’elle attend impatiemment.