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«Maniaque au Taser gun»: un prédateur sexuel à nouveau en prison

Fortier
Photo d’archives, Simon Bousquet Des policiers se sont présentés à la résidence de Sylvio Fortier pour son arrestation, à Varennes, en 2013.

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Le prédateur sexuel surnommé le «maniaque au Taser gun» est de retour derrière les barreaux. Sa liberté surveillée a été suspendue après qu'il se fut caché et eut suivi une inconnue non loin d’un parc, faisant craindre un risque de récidive.

«Vos récents comportements qui sont à la base de votre retour en incarcération ont mis crûment en lumière la sévérité de votre problème de déviance sexuelle et vos difficultés à respecter le cadre de votre surveillance», écrit la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans sa plus récente décision au sujet de Sylvio Fortier.  

Le délinquant sexuel aujourd’hui âgé de 52 ans, qui se trouvait en Centre correctionnel communautaire, est assujetti depuis février 2020 à une ordonnance de surveillance de longue durée de 10 ans, avec laquelle de sévères conditions lui ont été imposées.  

Fortier avait semé la terreur sur la Rive-Sud de Montréal il y a dix ans. Il avait finalement été arrêté en 2013, après s’être introduit dans un cabanon pour épier une femme qu’il voulait agresser, à Montréal. Il a écopé de sept ans d’emprisonnement en 2014. 

Sylvio Fortier
Illustration d’archives Delf Berg
Sylvio Fortier

Fait inquiétant, au moment de son arrestation, Fortier était en possession d’un rape kit, rappelle la CLCC dans sa décision.  

Il avait alors avoué être l’auteur de quatre agressions sexuelles sur des femmes, choisies au hasard. Il s’en était pris à elles à l’aide d’une arme à impulsion électrique ou d’un couteau.  

Accroupi pour épier une inconnue

Si Fortier semblait faire des progrès en prenant part à divers programmes et traitements, il a rapidement repris ses habitudes perverses dès qu’un peu plus de liberté contrôlée lui a été accordée.  

Lors d’une opération de surveillance de la Sûreté du Québec en avril dernier, il a été vu dans un parc qu’il a feint de quitter avant de s’accroupir entre deux véhicules. 

«Quelques instants plus tard, vous êtes sorti de votre cachette et avez suivi pendant environ cinq minutes une femme qui s’était trouvée dans le parc», relate la CLCC, précisant qu’il semblait l’avoir prise en photo. 

Ce qu’il ne savait pas, c’est que la femme en question était plutôt une policière.  

Or, jamais le délinquant n’avait avisé son équipe de gestion de cas (ÉGC) de son déplacement dans ce parc.  

Fortier s’est aussi fait prendre à s’être inscrit à un site de rencontre et à avoir échangé des messages avec plusieurs femmes, alors que cela lui en est interdit. Il a préféré mentir à son ÉGC, prétendant avoir reçu par hasard un courriel d’une dame l’invitant à discuter.  

Dérangé par l’habillement

Fait aussi préoccupant, le prédateur sexuel a aussi avoué à son équipe être «dérangé à la vue de femmes légèrement vêtues».  

«Plusieurs discussions et interventions ont été réalisées afin de vous aider à vous défaire de votre propre cognition voulant qu’un tel habillement soit un signe de provocation, mais en vain», souligne la CLCC.  

Devant son risque de récidive, considéré comme élevé, la Commission n’a eu comme autre choix que de recommander que des accusations soient déposées en raison des différents bris de conditions.  

-Avec Claudia Berthiaume