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Dans l’enfer des guerres de religion

Kate Mosse
Photo courtoisie, Ruth Crafer Kate Mosse

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Après La Cité de feu, la reine anglaise du roman historique anglais, Kate Mosse, invite ses lecteurs à accompagner Minou, Piet et Marta, ses personnages inoubliables, au cœur de la nuit terrible de la Saint-Barthélemy, dans La Cité de larmes. Nous sommes à Paris, en 1572, et Margot et Henri de Navarre s’apprêtent à se marier, après dix ans de guerres de Religion. La tension est à son comble entre catholiques et protestants.

La France de l’époque subissait depuis déjà 10 ans les affres des guerres de Religion. En coulisses, la reine Catherine de Médicis a manœuvré pour qu’un fragile espoir de paix s’installe en planifiant cette union entre sa fille Marguerite de Valois et Henri de Navarre, futur Henri IV.

Les héros de la saga, Minou Joubert et son époux Piet, quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Quelques jours après la célébration, on tente d’assassiner l’amiral de Coligny, le chef des protestants. Les violences éclatent. 

C’est le début de ce que l’Histoire retiendra comme la date terrible du massacre des protestants de la Saint-Barthélemy, qui s’étendra sur plusieurs semaines, dans plusieurs villes. Minou et Piet s’apprêtent à prendre la fuite lorsqu’ils réalisent que Marta, leur fille de sept ans, est portée disparue. Commence une histoire captivante entraînant les lecteurs de Paris à Amsterdam, en passant par Chartres.

Recherches poussées

Kate Mosse n’est pas la reine du roman historique pour rien : ses romans s’appuient sur de solides recherches, de nombreuses visites sur les sites dont elle parle et une maîtrise de l’art de raconter une histoire captivante.

S’attaquer à la Saint-Barthélemy n’était pas simple. « Quand on écrit un roman, il faut toujours se demander ce qu’on a à dire à propos d’un tel événement historique », commente-t-elle, en entrevue. « Je savais que je devais parler du massacre. Mais l’histoire devait parler de mes personnages, et non du massacre. Il survient, mais mes personnages font face en même temps à une tragédie personnelle. »

« Je ne savais ce qui allait arriver à Minou Joubert et sa famille, avant de commencer à écrire. Je devais me souvenir que chaque personnage vivait sa propre vie, lorsque ce terrible événement est survenu. C’est ainsi que j’ai écrit une histoire différente de ce qui a été décrit auparavant, tant dans les romans qu’au théâtre et au cinéma. Comme romancière, j’apporte une nouvelle perspective. »

Kate Mosse réussit très bien à se projeter dans le passé, à reculer l’horloge jusqu’au 16e siècle. « Tout est dans la recherche, de sorte qu’en écrivant, je sais de quoi Paris avait l’air à l’époque. Je suis allée sur place. J’ai examiné des peintures. J’ai fouillé dans les archives. »

« Je savais ce que les gens portaient comme vêtements, ce qu’ils mangeaient, quelle odeur on sentait dans les rues. Ce qui fait que lorsque je m’installe pour écrire, je suis là. Tout ce que j’ai à penser, alors, c’est ce qui arrive à mes personnages. Je suis complètement à Paris, en août 1572. La recherche fait en sorte que je suis complètement en immersion dans le Paris du 16e siècle. »

Des personnages réalistes

En lisant l’histoire de Minou et Piet, on a le sentiment de découvrir celle d’un couple réel. « J’ai l’impression que ce sont eux qui me racontent leur histoire. Je les connais. Mais encore : je dois commencer à écrire et voir ce qu’ils vont faire. »

« Vont-ils décider d’aller à Paris ? Que feront-ils lorsque les massacres vont commencer ? Et comment vont-ils réagir lorsqu’ils vont réaliser que leur fillette manque à l’appel ? J’ai le sentiment de connaître suffisamment mes personnages pour raconter l’histoire qu’eux-mêmes souhaitent me voir écrire. »

  • Kate Mosse est considérée comme la reine du roman historique anglais.
  • Elle partage son temps entre le Sussex et Carcassonne.

EXTRAIT

<b>La Cité de larmes</b><br />
Kate Mosse<br/>
Éditions Sonatine<br/>
576 pages
Photo courtoisie
La Cité de larmes
Kate Mosse
Éditions Sonatine
576 pages

« Immobile au milieu de la foule peuplant la salle haute de la Sainte-Chapelle, le souffle coupé par l’émerveillement, Salvadora Boussay remercia la bonne fortune qui l’avait amenée là, en présence de Dieu. 

Elle avait appris tout ce qu’il y avait à savoir sur l’édifice, mémorisé jusqu’au moindre détail, mais sa splendeur dépassait même ses attentes. La construction s’était achevée en l’an 1248. C’était un ouvrage inspiré par la grâce, commandité par le plus grand des rois chrétiens médiévaux, saint Louis, pour accueillir les trésors de la passion du Christ rapportés de Terre sainte via Constantinople : des fragments de la Vraie Croix, la sainte Lance qui avait percé le flanc du Christ pendant sa crucifixion, une fiole contenant les gouttes de son sang et, précieuse entre tous, la sainte couronne d’épines. »