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Débordement dans les urgences: «il n’y a plus personne qui sourit», dit Dr Gilbert Boucher

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Les urgences débordent depuis quelques semaines en raison d’un plus grand achalandage, mais également d’un manque d’employés. 

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Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec (ASMUQ), était de passage à LCN samedi pour parler de ce phénomène qui cause de plus en plus de problèmes.

«Partout au Québec, nous avons perdu du personnel. On a peut-être perdu entre 20 et 25% de notre personnel, donc juste de fonctionner à 100%, c’est très difficile, et là il y a cette surcharge de patients. Les patients sont pris en otage, ils nous le disent: "je ne veux pas être ici, docteur, mais je n’ai pas d’autre choix"», a mentionné Dr Boucher.

Le manque de personnel est amplifié depuis les dernières semaines par les vacances du personnel du réseau de la santé. Par contre, Dr Boucher tient à rappeler que les vacances ne génèrent qu’une petite partie de la pénurie de personnel.

«Si on annulait les vacances, on ne se retrouverait pas avec 25% de plus de personnel. Oui, il y a des vacances, mais il y a des gens qui rentrent durant leurs vacances pour faire des heures supplémentaires, mais ce n’est pas une perte de personnel énorme», a-t-il expliqué.

Même si depuis 15 à 18 mois, les employés du milieu de la santé sont aux prises avec la pandémie de COVID-19, c’est seulement depuis le printemps que les urgences semblent se retrouver à bout de solutions.

«C’est depuis le mois de mai que ça a commencé. Qu’est-ce qu’on voit vraiment en ce moment, c’est qu’il manque du monde à l’urgence, on a une surcharge de travail parce que ça prend plus de temps à la première ligne de faire le tri et on manque de personnel sur les étages, donc il y a plus de monde qui reste à l’urgence», a souligné le président de l’ASMUQ.

Il manque d'infirmières

Le problème de main-d’œuvre est connu depuis les derniers mois dans le milieu de la santé. Le gouvernement a réalisé quelques initiatives pour tenter d’augmenter le nombre d’inscriptions dans certains domaines, mais présentement, selon Dr Boucher, c’est au niveau des infirmières qu'il manque le plus de ressources.

«Il y a beaucoup d’urgences qui commencent à parler des ambulanciers, est-ce qu’on pourrait avoir des gens de la Croix-Rouge, de l’armée, des infirmières spécialisées? On ne peut pas leur demander de s’occuper de l’urgence, mais est-ce qu’il y aurait moyen de les utiliser pour faire des tâches, pour nettoyer le matériel, s’occuper de la rotation des patients, etc.? Il y a plusieurs urgences qui regardent ces choses-là, mais on a besoin d’aide parce qu’il n’y a plus personne qui sourit dans nos urgences malheureusement», a-t-il souligné.

Certains hôpitaux du Québec ont dû fermer des services en raison, justement, du manque de main-d’œuvre. Selon Dr Boucher, aucun scénario n’est écarté pour le moment.

«Quand on est rendu comme à Gatineau où l’on ferme l’urgence, quand on regarde Maisonneuve-Rosemont, il y a deux fins de semaine, c’était 50 personnes qui avaient des heures supplémentaires obligatoires, la fin de semaine dernière c’était 80. Je ne sais pas combien ça va être cette semaine», s’est inquiété le président de l’ASMUQ.