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Marge étudiante: «Desjardins a tué mon rêve»

La coopérative a refusé net de renouveler la marge étudiante de Mélissa Hardy

Mélissa Hardy, qui est originaire de l’Estrie ne peut poursuivre ses études en médecine vétérinaire à Édimbourg, en Écosse, en raison d’une décision de Desjardins.
Photo courtoisie Mélissa Hardy, qui est originaire de l’Estrie ne peut poursuivre ses études en médecine vétérinaire à Édimbourg, en Écosse, en raison d’une décision de Desjardins.

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Quand Desjardins approuve sa marge de crédit pour un retour aux études en médecine vétérinaire, Mélissa Hardy est aux anges. L’ex-comédienne se dit qu’elle pourra enfin aller de l’avant. Mais c’est sans compter sur le fait que la Caisse va lui retirer son argent aussi vite qu’elle le lui a accordé.

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« Ils ont brisé mon rêve... et ma vie, car ils me forcent à la faillite », déplore la femme de 35 ans, originaire de Windsor, en Estrie. 

En février 2020, la Caisse du Plateau-Mont-Royal accepte de lui verser les premiers 75 000 $ de ce qu’elle croit être une entente de 4 ans pour 300 000 $. 

« Je me suis assurée trois fois plutôt qu’une que j’allais être renouvelée chaque année jusqu’à la fin de mes études », insiste-t-elle. Son conseiller lui répond que ce sera le cas.  

Aucun endosseur au dossier n’est — et ne sera, comprend-elle — requis. Pourtant, Mélissa traîne déjà des dettes de près de 200 000 $, passif encouru lors de deux précédentes réorientations. 

Le prêt est approuvé par Benoît Sauvé, directeur général de la succursale, et par Lucas Ste-Croix, un de ses numéros 2. Mélissa peut prendre l’avion. 

Après six mois en Écosse

Car après six refus consécutifs à l’Université de Montréal, elle est acceptée du premier coup à l’Université d’Édimbourg, « la deuxième meilleure au monde pour devenir vétérinaire ». 

Elle déménage dans la capitale écossaise le 20 septembre 2020. Son chien et son chat sont du voyage.

Six mois plus tard, en pleine session d’hiver, elle apprend que Desjardins refuse de renouveler sa marge étudiante. Elle dont les études coûtent 57 000 $ par année et qui habite maintenant en Écosse ne va recevoir ni les prochains 75 000 $ ni aucune autre somme. La marge sera même carrément fermée par l’institution financière. 

« Ils sont hypocrites, c’est presque de la fraude. Je ne serais jamais partie si j’avais su », accuse Mélissa. 

« Cas isolé »

Chez Desjardins, on se dit « conscients qu’il s’agit d’une situation difficile » et on prétend que c’est « un cas isolé ». 

« Il est rare que Desjardins ne renouvelle pas la marge de crédit. Si le membre est trop endetté, il peut arriver que Desjardins demande un endosseur afin de poursuivre le déboursement de la marge. Ce qui a été fait avec la membre », indique la porte-parole, Chantal Corbeil.

Pourtant, la situation financière de Mélissa Hardy en février 2021 est la même qu’un an plus tôt, quand le prêt lui a été accordé.

Tenir parole, tout simplement

Pour Desjardins, c’est la fin de l’histoire. « En tant qu’institution financière bienveillante, vous accorder le déboursement de la marge de crédit et vous amener à vous endetter davantage irait à l’encontre de notre mission », explique M. Sauvé, le directeur général de la succursale, à Mélissa dans un courriel. 

Il lui offre même de radier une partie des 75 000 $ de son bilan.

« Ils osent se dire bienveillants, mais ils ferment ma marge, me forcent à la faillite et tuent mon rêve. Je veux juste qu’ils tiennent parole », répond-elle.  

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