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La carrière de Rita Baga en plein essor après son passage à Canada’s Drag Race

Rita Baga
Photo courtoisie, Jean-Sébastien Sénécal

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Il y a tout juste un an, Rita Baga débarquait en trombe sur nos écrans grâce à Canada’s Drag Race avec tout son strass, ses paillettes et son exubérance. La couronne a beau lui avoir glissé entre les mains lors de la finale, la Québécoise a tout de même vu sa carrière exploser en l’espace de quelques mois. « Je regarde tout ce que j’ai accompli depuis et je me sens pas mal comme une gagnante », raconte-t-elle.

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« C’est certain que j’aurais aimé gagner Canada’s Drag Race. Les opportunités auraient probablement été différentes. Mais est-ce que je serais plus occupée ou plus heureuse aujourd’hui ? Je ne crois pas », poursuit la finaliste. 

Il est vrai qu’opportunités et contrats ont été nombreux au cours de la dernière année, le visage maquillé de Rita Baga devenant pratiquement omniprésent sur la scène culturelle québécoise. 

Des exemples ? Bon nombre de passages télévisuels remarqués à Big brother célébrités, à Sans rancune ou encore à En direct de l’univers, des interventions à la radio, des prestations sur scène, et même une page frontispice consacrée par la publication Elle Québec, le mois dernier.

Pour plusieurs, c’est la célèbre compétition télévisée, incarnation canadienne de la cultissime RuPaul’s Drag Race, qui l’a à la fois mise au monde et propulsée au firmament des stars. Mais ses fans, les vrais, savent que son conte de fées a commencé bien avant son arrivée sur ce tremplin. 

15 ans de carrière

En effet, il y a près de 15 ans que Rita Baga trime dur sur les scènes des boîtes de nuit de la province. Au fil du temps, ses soirées – notamment au Cabaret Mado – sont devenues parmi les plus courues de la vie nocturne montréalaise, faisant de la drag queen une icône incontournable du Village. 

« J’ai travaillé fort, je me suis battu pour avoir accès à des choses que j’ai longtemps crues impossibles. Et maintenant qu’elles se réalisent, j’en profite pleinement », confie Jean-François Guevremont, l’alter ego masculin de Rita Baga. 

Sa place, la drag queen québécoise ne l’a de toute évidence pas volée. N’empêche, on la voit beaucoup depuis quelque temps. Et souvent. Est-ce trop ? 

Elle se fait songeuse lorsque la question est posée en entrevue. 

« Je suis consciente qu’il y a une certaine effervescence autour de moi depuis quelque temps. Mais je sais aussi que ce buzz-là, c’est quelque chose qui ne durera pas éternellement. Je ne tiens rien pour acquis et j’essaie de prendre des décisions en pensant au long terme », avise l’artiste. 

Juste pour rire

Car non, Rita Baga n’a pas l’intention d’être un feu de paille, une saveur du mois destinée à s’affadir tranquillement. Et son agenda des prochains mois – bien garni – le prouve aisément. 

Son prochain projet : la coanimation d’une Soirée Carte Blanche du festival Juste pour rire, aux côtés de Jean-Thomas Jobin. Elle foulera donc pour la première fois les planches de la Place des Arts ce vendredi, dans un spectacle qu’elle résume bien simplement : la rencontre de l’absurde et des paillettes. 

« Jean-Thomas et moi, on a des backgrounds assez différents. J’aime l’idée d’une rencontre entre ces deux milieux-là sur scène. Ça nous permet de se challenger, de se motiver mutuellement », avance-t-elle, préférant taire les détails de cette soirée pour préserver la surprise. 

« Respecter le rythme »

Rita Baga ne le cache pas : la présence d’une [première] drag queen à l’animation d’une Soirée Carte Blanche est particulièrement symbolique. Car il s’agit-là d’une des opportunités qu’elle a jadis crues hors de portée pour elle. Les mentalités changent, constate avec enthousiasme celle qui s’est donné comme mission de démocratiser l’art du drag.

« C’est porteur d’espoir, de voir que les portes s’ouvrent de plus en plus pour les drag queens. Et c’est un honneur d’être témoin et de participer à ce changement. Ça se fait peut-être moins rapidement que certains aimeraient, mais il faut être compréhensif et respecter le rythme des gens. L’important, c’est que la société continue d’évoluer », indique-t-elle. 


Rita Baga et Jean-Thomas Jobin animeront une Soirée Carte Blanche à la Place des Arts vendredi, dans le cadre du festival Juste pour rire.