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Montréal pendant l’été 2007

Sophie Laurin
Photo courtoisie, Julie Artacho Sophie Laurin

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Forte du succès de son roman En route vers nowhere, vendu à plus de 9000 exemplaires en 2020, la journaliste Sophie Laurin a choisi de reprendre les mêmes personnages que cette histoire à succès. Dans son nouveau roman, Fausses routes, elle raconte l’histoire du point de vue de Marjorie, qui reste à Montréal tandis que Sara et Sébastien partent en road trip. Coincée à la maison, elle se désespère de ses échecs amoureux et se demande quand son tour viendra.

L’histoire se passe pendant l’été 2007. Même si l’été est magnifique à Montréal, Marjorie Morin broie du noir. Sa coloc et meilleure amie, Sara Langlois, vient de partir en road trip avec Sébastien Simard, un ami de longue date à qui elle espère déclarer enfin son amour.

Marjorie est devant un tableau blanc, côté amoureux. Elle flirte avec le barista d’un café du coin et rencontre l’ami d’un ami autour d’un terrain de volleyball, mais il n’y a rien de concret. Son ami et confident, Jean-Philippe, est aussi malchanceux qu’elle en amour.

De retour de leur road trip, Sébastien et Sara forment un couple. Marjorie est dans tous ses états : pourquoi pas elle ? À quand son tour ?

Sophie Laurin a adoré se plonger dans les années 2000 pour écrire ce roman et a truffé son histoire de références culturelles et technologiques de l’époque. 

« J’avais le goût d’explorer l’histoire de la meilleure amie de Sara, commente l’auteure, en entrevue. Dans le tome 1, il était question d’amour, mais il était aussi beaucoup question d’amitié. Dans le tome 2, on explore la vie amoureuse de Marjorie et ce qui se passe pour elle dans le présent. »

décrire sa jeunesse

Sophie Laurin dit qu’elle a fini son cours universitaire en 2008 et qu’elle a donc évolué en même temps que les personnages du roman. « Toutes les références me venaient naturellement, comme Windows et Messenger, où on se parlait avant l’arrivée des téléphones intelligents. J’avais le goût d’une histoire où les téléphones ne prenaient pas trop de place, où il n’y avait pas de textos. » 

Sophie trouve Marjorie très intense et entière. « Elle n’y va pas par quatre chemins quand elle a quelque chose à dire. Elle y va. Ça vient me chercher : je me suis beaucoup inspirée de ma meilleure amie, au secondaire, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. C’était important pour moi d’avoir une fille forte, mais c’est une force qui est différente. »

Sophie Laurin avait aussi envie de décrire ces années de jeunesse de la génération Y, qui va se reconnaître dans cette histoire où les personnages se trouvent en appartement. 

« Quand je suis arrivée à Montréal, j’avais 19 ans. Sara et Marjorie, quand elles débarquent à Montréal, arrivent au début du cégep. Moi, je ne savais pas trop me faire à manger et c’était un peu n’importe quoi. Ça fait du bien de se référer à une époque où tout était facile, comparé à ce qu’on vit aujourd’hui. »

  • Sophie Laurin est journaliste et rédactrice pour diverses publications, dont le magazine Cool ! 
  • En 2020, elle a publié En route vers nowhere, best-seller vendu à 9000 exemplaires.

EXTRAIT

<b>Fausses routes</b><br/>
Sophie Laurin<br/>
Éditions Hurtubise<br/>
256 pages<br/>
En librairie le 16 juin
Photo courtoisie
Fausses routes
Sophie Laurin
Éditions Hurtubise
256 pages
En librairie le 16 juin

« Le lendemain, après être allée porter mon CV au club vidéo, j’arrête au café à côté de chez moi, là où travaille Olivier, le beau-barista-blond-tirant-sur-le-roux. Depuis que j’habite Montréal, c’est lui qui me prépare mon café. Sara estime que ça me coûterait moins cher de m’acheter une cafetière que de venir ici (elle a raison), excepté que c’est plus fort que moi. Ça fait quatre ans que je fantasme sur lui avec l’espoir qu’il s’intéresse à moi un jour. Quatre années à me ruiner en pourboire pour qu’il me trouve généreuse et qu’il me remarque enfin. Quatre années à ressortir d’ici un café entre les mains sans qu’on ait pu établir les bases d’une relation durable. Au moins, le café est excellent. »