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Période sombre de l’histoire anglaise

Stacey Halls
Photo courtoisie, Ollie Grove Stacey Halls

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Inspirée par un procès marquant survenu en 1612 dans le comté de Lancaster (aujourd’hui Lancashire), la journaliste anglaise Stacey Halls a enquêté sur une histoire de sorcellerie qui a profondément marqué l’histoire de sa région. Dérives de l’époque, croyances absurdes et manigances ont conduit plusieurs personnes vers l’échafaud. La romancière raconte ces moments poignants dans le best-seller Les sorcières de Pendle. Un roman qui montre à quel point être une femme était risqué.

Nous sommes à Pendle, dans le comté de Lancaster, en 1612. Fleetwood Shutterworth, maîtresse du domaine de Gawthorpe Hall, est enceinte pour la quatrième fois. À 17 ans, elle n’a toujours pas donné d’héritier à son mari.

Lorsqu’elle croise Alice Gray dans les bois de sa propriété, elle entrevoit qu’il y a de l’espoir : Alice est sage-femme et connaît toutes les plantes médicinales et leurs vertus.

Mais les temps sont durs dans le Lancaster, et le roi James voit de la sorcellerie partout. Quand un important procès pour sorcellerie s’ouvre à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice. Comme tant d’autres femmes érudites, solitaires, gênantes et spécialistes en herboristerie, elle est accusée.

Fleetwood est enceinte à nouveau. Elle craint un accouchement difficile et n’a plus qu’une idée en tête : innocenter Alice pour sauver sa vie et celle de son bébé.

Faits historiques

Stacey Halls, en entrevue téléphonique, explique que le domaine qui fut celui de Fleetwood se trouve à quelques minutes de la maison où elle a grandi et qu’une visite au manoir lui a donné envie de raconter cette histoire. S’est ensuivie une longue période de recherches et de documentation, où elle a découvert de nombreux faits étonnants.

« Chaque région a son histoire, et le procès des sorcières est un fait marquant dans le Lancashire. Tout a débuté au 16e siècle alors que plusieurs femmes furent accusées de sorcellerie, ce qui était illégal à l’époque. Évidemment, cela n’était pas fondé et il n’y avait aucune preuve tangible. Le roi James détestait tout ce qui était relié à la sorcellerie, à la magie, aux plantes médicinales et pendant son règne, beaucoup de gens ont été accusés et exécutés. 

« Dans le Lancashire, nous avons connu le procès le plus célèbre de notre histoire : ce fut le jour où il y a eu le plus grand nombre d’exécutions pour sorcellerie. »

Comme elle a grandi dans cette région, Stacey Halls connaissait ce fait historique. « J’ai visité Gawthorpe Hall, un grand manoir élisabéthain, et par une fenêtre donnant sur l’arrière-cour, je pouvais voir Pendle Hill, un lieu qui fut toujours associé aux sorcières. »

Une jeune châtelaine

En faisant ses recherches, elle a découvert que des hommes avaient été accusés et exécutés pour sorcellerie. Une personne fut acquittée, ce qui était extrêmement rare.

« J’ai choisi de raconter l’histoire du point de vue de la châtelaine. Fleetwood avait 17 ans et elle était mariée depuis quatre ans au moment du procès. J’avais une héroïne toute prête et j’ai décidé d’emprunter des bouts de sa vie pour écrire le roman. »

À l’époque, fait-elle remarquer, les femmes enceintes pouvaient se tourner vers l’expertise des médecins, qui étaient tous des hommes, ou vers les sages-femmes, qui étaient habituellement des femmes pauvres. 

« Les médecins, qui étaient riches à l’époque, n’ont jamais été accusés de sorcellerie. Seulement les pauvres femmes l’ont été en raison de superstitions : on disait que si elles pouvaient guérir, elles pouvaient aussi tuer, et que si elles savaient comment mettre les bébés au monde, elles savaient aussi comment mettre un terme à la vie. C’était une époque très misogyne. »

  • Stacey Halls est journaliste et écrivaine.
  • Sa mère est née à London, en Ontario.
  • Elle est née dans le comté de Lancashire (autrefois Lancaster) en Angleterre, où a eu lieu le funeste procès des sorcières de Pendle en 1612.
  • Les Sorcières de Pendle est devenu un best-seller.
  • Stacey Halls travaille sur son prochain roman.
<b>Les sorcières de Pendle</b><br />
Stacey Halls<br/>
Éd. Michel Lafon<br/>
400 pages
Photo courtoisie
Les sorcières de Pendle
Stacey Halls
Éd. Michel Lafon
400 pages