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Plongeon historique du prix du bois

planches de 2x4 produits par une scierie artisanales.
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Allez-vous profiter des vacances de la construction pour faire des rénovations ? Si oui, gardez en tête que le prix du bois connaît actuellement un plongeon historique.  

Il faudra patienter encore quelques semaines avant que les prix ne baissent de façon marquée dans les magasins. Une chose est sûre, d’ici l’automne, tout indique que vous paierez votre 2x4 beaucoup moins cher. En l’espace de deux mois, le prix du bois a chuté de 60 % à la Bourse de Chicago, l’indice mondial de référence.  

Le 22 mai dernier, ma chronique s’intitulait « le prix du bois pourrait très bientôt s’effondrer », et depuis ce temps, c’est exactement le scénario qui s’est avéré. Le bois d’œuvre est maintenant revenu à un niveau stable sur l’année après avoir augmenté de plus de 120 % depuis janvier 2021. La flambée des prix est bel et bien terminée.  

Bonnes nouvelles 

Il n’y a pas que le prix du bois qui est en train de se dégonfler. Celui du soya relâche également ses gains de 2021 et le cuivre est aussi en baisse. A priori, ce sont d’excellentes nouvelles, car cela pourrait signifier que la forte inflation des derniers mois n’aura été que passagère.  

Notre capacité de payer a ses limites. Plusieurs consommateurs ont repoussé leurs projets de rénovation, retardé l’achat d’un véhicule ou boudé certains aliments hors de prix. Après des hausses de prix vertigineuses, nous assisterons fort probablement au retour du balancier.  

Offre et demande 

Depuis le début de la pandémie, plusieurs lois économiques ont été mises à rude épreuve. Vous n’avez qu’à regarder les records boursiers pulvérisés durant la pire récession de l’histoire moderne !  

Il y a cependant une loi qui demeure inébranlable dans le monde capitaliste, celle de l’offre et de la demande. Lorsque survient un déséquilibre inattendu, les prix fluctuent de façon brutale. Les fermetures d’usines pendant plusieurs mois, suivies d’une reprise économique extrêmement vigoureuse, ont créé un immense déséquilibre entre l’offre et la demande.  

Pensons aussi à l’exemple de la surenchère immobilière. Pour une foule de raisons, beaucoup moins de gens ont déménagé durant la crise sanitaire. Le faible volume de propriétés sur le marché crée un goulot d’étranglement, et les clients se ruent sur les propriétés en vente. Le jour où l’offre sera rétablie, les prix tendront sûrement à se stabiliser. 

Si l’on se fie à l’exemple du bois et au discours des banques centrales, l’inflation ne sera que transitoire. Les prix reviendront-ils au niveau d’avant la pandémie ? Probablement jamais. Ceux du bois demeurent actuellement 80 % plus chers par rapport à janvier 2020.  

Rendements  

Cette inflation transitoire aura néanmoins bénéficié à certains investisseurs qui l’avaient anticipée sur les marchés boursiers. Plusieurs dirigeants d’entreprises en ont aussi profité pour réaliser de bons rendements. 

Toujours dans ma chronique du 22 mai dernier, je m’intéressais aux dirigeants de Produits forestiers Résolu, le plus gros transformateur de bois au Québec, qui ont vendu une partie de leurs actions depuis le début de l’année. Jusqu’à présent, on peut dire qu’ils ont pris une bonne décision. Après avoir explosé entre les mois de janvier et de mai, le titre de Résolu a perdu près de 30 % de sa valeur.