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Hausse de loyer de 222 %: une facture salée menace des organismes

Le Centre de services scolaires de Montréal réclame 320 000 $, soit une hausse de loyer de 222 %

rémy robitaille
Photo Olivier Faucher Rémy Robitaille, directeur de Solidarité Ahuntsic, a été surpris de recevoir une réclamation de 320 000 $ du Centre de services scolaires de Montréal.

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La survie d’organismes communautaires, plus précaires et plus sollicités que jamais depuis la pandémie, est menacée depuis qu’on leur réclame 320 000 $ liés à une hausse de loyer de 222 %.

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« Tu ne fais pas ça en temps de pandémie, tu ne fais pas ça à tes organismes communautaires. On fait ça pour aider le monde ! » déplore Chantal Comptois, directrice du Service de nutrition et d’action communautaire d’Ahuntsic (SNAC).

Son organisme, comme plusieurs autres, risque de se retrouver dans le pétrin en raison d’une réclamation inattendue de 320 000 $ qu’a envoyée le Centre de services scolaires de Montréal (CSSDM), propriétaire des lieux.

Transmise le 15 juin dernier, cette réclamation d’adresse à Solidarité Ahuntsic, la Table de concertation qui lui loue ses locaux dans le Centre communautaire Ahuntsic. 

Cette facture pour le moins salée est liée à une hausse de loyer de 222 % qu’avait demandée le CSSDM en 2018, mais qui avait été refusée par Solidarité Ahuntsic en raison de l’incapacité des organismes à l’absorber.

Cela a « énormément surpris » Rémy Robitaille, directeur de Solidarité Ahuntsic, qui soutient que le CSSDM n’avait pas donné suite aux négociations et a continué d’encaisser les loyers au cours des trois dernières années sans jamais parler de montant non payé jusqu’à tout récemment. 

Il conteste ainsi « vigoureusement » devoir une telle somme au CSSDM.

Services compromis

Pour Solidarité Ahuntsic, devoir payer une telle facture signifierait de devoir collecter plus d’argent de chaque organisme locataire, dont la situation financière est souvent déjà précaire, une option que M. Robitaille juge irréaliste.

« Je prévois la mort de certains organismes ou leur déménagement », déplore-t-il.

D’autant plus que les besoins ont explosé chez la clientèle vulnérable qui compte sur les services offerts, qui comprennent entre autres de l’aide alimentaire ainsi que du soutien au logement, en santé mentale, en itinérance, et de l’accompagnement pour les nouveaux arrivants.

Par exemple, au SNAC, les familles qui viennent chercher de l’aide alimentaire sont passées de 1200 à 2500 depuis le début de la pandémie.

Le CSSDM persiste et signe

Le CSSDM a refusé la demande d’entrevue du Journal « considérant les différends qui existent entre les parties ».

Dans un courriel, il n’a pas précisé en quoi il est en droit de réclamer ce « solde en souffrance » ni pourquoi il a attendu trois ans pour le faire.

« Le CSSDM a conscience des activités de Solidarité Ahuntsic et des bénéfices pour la communauté », a écrit Quentin Parisis, conseiller en communications.

« Les montants perçus par le CSSDM participent à son équilibre financier, et toutes les sommes non perçues peuvent avoir un impact sur les services éducatifs qu’il offre à ses élèves », conclut-il.