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À meurtres tordus, polar efficace!

Dis-moi qui doit vivre...
Photo courtoisie, Éditions Libre Expression Dis-moi qui doit vivre...
Marc-André Chabot
Les Éditions Libre Expression
384 pages

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Des avocats au passé lisse et qui n’ont aucun lien entre eux sont assassinés de manière spectaculaire. Toute une affaire à démêler pour le lieutenant-détective McGraw !

Une avocate meurt noyée dans de la crème de menthe, un avocat est frappé par un semi-remorque alors qu’il était pendu à un viaduc de l’autoroute 15... Qui est derrière ces mises en scène macabres ? 

C’est si complexe que Donald McGraw, du Service de police de la Ville de Montréal, doit travailler avec Danielle (dite Dany) Simard de la Sûreté du Québec. Heureusement, personne pour tirer la couverture dans ce rare partenariat SPVM-SQ : toute l’énergie passe à traquer l’imaginatif tueur. 

Pendant ce temps, un psychopathe se meurt dans un hôpital montréalais, laissant derrière lui un meurtre que les policiers peuvent lui attribuer, mais que faute de preuve, les tribunaux ne peuvent traiter.

La « vraie » justice sera-t-elle plus forte que toutes les complications ?

Le frère siamois du roman précédent

Avec ce Dis-moi qui doit vivre..., le réalisateur Marc-André Chabot signe son deuxième polar. Il y reprend les personnages principaux créés dans son roman précédent, soit le policier McGraw et l’allumé Antoine Aubin, ainsi que les charmantes conjointes de ceux-ci.

Mais plus qu’une suite, on est ici devant le frère siamois du roman précédent. Il y a d’abord la parenté des titres puisque ce dernier, publié il y a deux ans, s’intitulait Dis-moi qui doit mourir... Chabot recourt aussi au même découpage : à chaque chapitre son jour et son heure, à la minute près. C’est extrêmement efficace pour donner de l’allant à la narration, qui par ailleurs fait de nouveau moult références à la réalité, de Paul Arcand au Journal de Montréal.

De même, la trame des romans se ressemble : des quidams dont personne ne se méfie sont impliqués dans des assassinats en série et inusités. Aussi, un suspense important court en parallèle de l’intrigue principale. Enfin, les moteurs d’action sont les mêmes dans les deux romans : la dénonciation rageuse de l’injustice et de son symbole suprême, les criminalistes. L’expression « tueur à gages en robe noire » que l’on trouve dans Dis-moi qui doit vivre... résume parfaitement la manière dont Chabot présente les avocats de la défense.

On comprend donc que toute nuance est évacuée, que les opinions exprimées sont carrées et qu’on est loin du polar sociologique ou psychologisant. Pensez plutôt film américain du samedi soir, où les bons et les méchants sont clairement identifiés, où la testostérone de style Les Boys domine et que l’on suit, le popcorn à la main. Bref, du divertissement !

Et Chabot sait le mener bon train. On ne s’ennuie pas un instant en le lisant... d’une traite. Forcément, ça va bien finir, mais on veut savoir comment, et ce, sans délai !

La recette fonctionne donc très bien, au point où le risque existe que Chabot soit tenté de s’y tenir. Ce serait dommage, car il a suffisamment d’imagination pour faire plus qu’épicer autrement des plats déjà savourés.