/weekend
Navigation

Stéphane Rousseau: le plaisir de jouer

Stéphane Rousseau: le plaisir de jouer
photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir pris une longue pause de la scène et s’être tenu loin des plateaux de tournage pendant quelques années, Stéphane Rousseau est prêt à revenir sous les feux de la rampe. En plus d’avoir récemment décroché un rôle dans la nouvelle série Sans rendez-vous, aux côtés de Magalie Lépine-Blondeau, le comédien et humoriste a renoué avec le cinéma pour camper l’un des personnages principaux de Sam, le nouveau film de Yan England. « Ça me manquait de jouer », confie-t-il.

Stéphane Rousseau ne se gêne pas pour le dire : il aurait aimé avoir la chance de faire plus de cinéma au cours des dernières années. Si son dernier rôle important au grand écran remonte à déjà sept ans – dans la comédie dramatique Le vrai du faux, sortie à l’été 2014 –, c’est surtout parce que son horaire ultrachargé d’humoriste en tournée l’empêchait de le faire.

« J’étais très chaud à l’idée de jouer au cinéma à nouveau, mais c’est toujours la même histoire : quand on est en tournée, c’est difficile de trouver le temps », explique l’acteur et humoriste de 54 ans, lors d’une entrevue accordée au Journal plus tôt cette semaine. 

« J’ai eu des propositions qui sont tombées à l’eau parce que je n’avais pas le temps à cause de mon horaire de spectacles. J’ai aussi eu des projets qui ne se sont pas concrétisés. Mais là, avec Sam, tout concordait. Et ça me tentait vraiment de le faire parce que c’est un rôle dramatique et que je sentais que j’avais tout à prouver. »

Stéphane Rousseau incarne un professeur de journalisme dans le film <i>Sam</i>.
Photo courtoisie
Stéphane Rousseau incarne un professeur de journalisme dans le film Sam.

Le personnage qu’il joue dans Sam n’a effectivement rien de comique. Le film, un thriller psychologique sportif, met en scène un jeune nageur de haut niveau (joué par Antoine Olivier Pilon) qui voit son rêve olympique être compromis par un événement dramatique. Rousseau incarne un professeur de journalisme qui se retrouvera impliqué malgré lui dans cet événement. 

C’est Yan England (1:54) qui a eu l’idée de voir ce que Stéphane Rousseau pourrait apporter à ce personnage fragile qui porte une profonde tristesse en lui.

« J’ai toujours trouvé que Stéphane avait une belle et grande sensibilité, souligne Yan England. Je me suis dit que je pouvais l’inviter à passer une audition, pour voir si ça marche. Dès les premiers instants, j’ai senti qu’il pouvait apporter quelque chose de touchant et d’authentique au personnage. Il m’a convaincu très rapidement. »

Intimidé

Rousseau admet pour sa part avoir eu des papillons dans le ventre au moment de passer cette audition. Pour évaluer la chimie entre les deux acteurs, Yan England avait demandé à Antoine Olivier Pilon de donner la réplique à Rousseau pour ce premier test devant la caméra. Étonnamment, la présence du jeune acteur a quelque peu intimidé Rousseau.

« J’étais un petit peu angoissé quand je me suis pointé à l’audition parce que j’ai énormément de respect pour le travail d’Antoine Olivier Pilon, admet-il. Je l’ai vraiment beaucoup aimé à chaque fois que je l’ai vu, que ça soit dans 1:54 ou dans Mommy. C’est un gars d’une grande intensité. Je ne l’avais jamais croisé avant, mais la rencontre s’est bien passée. J’étais très content quand Yan m’a donné un petit coup de fil pour me dire que j’avais le rôle. »

Ce n’est pas la première fois que Stéphane Rousseau dévoile une facette plus dramatique de son jeu. Personne n’a oublié sa performance émouvante dans Les invasions barbares, le classique de Denys Arcand récompensé de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004.

« Le défi pour un acteur humoriste, c’est toujours de faire oublier les cabrioles et de se fondre derrière le personnage », observe Rousseau. 

« Quand tu réussis à faire cela, c’est juste du bonheur parce que ce n’est pas si évident, ajoute-t-il. Mais pour me laisser guider dans tout cela, j’ai fait entièrement confiance à Yan. Je me suis dit que j’allais tout donner ce que je pouvais et que pour le reste, je lui faisais confiance et je le laissais me diriger pour qu’il aille chercher le meilleur de moi. J’ai été chanceux. Ç’a été un tournage tout en douceur et Yan a été très bienveillant. C’est un réalisateur qui te rassure et t’enveloppe. Il a une énergie incroyable. Et c’est un super motivateur ». 


Sam prend l’affiche le 28 juillet.

 

Stéphane Rousseau en cinq films :   

LES INVASIONS BARBARES (2003)

Stéphane Rousseau: le plaisir de jouer
Photo courtoisie

« Ça reste le plus beau souvenir de ma carrière d’acteur, admet Stéphane Rousseau. Le tournage avait été très agréable, mais le résultat était encore plus fabuleux. Ça m’a permis de découvrir le Festival de Cannes et de voir le film triompher aux Oscar, aux César et aux Génie. Pour un gars qui en était seulement à son deuxième film, c’était énorme. Je me sens très privilégié d’avoir pu vivre ça. » 


ASTÉRIX AUX JEUX OLYMPIQUES (2008)

Stéphane Rousseau: le plaisir de jouer
Photo courtoisie

« C’est aussi un film important pour moi, mais pour des raisons totalement différentes que Les invasions, souligne l’acteur. Le résultat à l’écran n’était pas ce que j’avais espéré, mais c’est un film qui a fait énormément d’entrées et que les enfants adorent. On m’en parle souvent encore aujourd’hui. Le tournage a été toute une expérience en soi, qui m’a permis de rencontrer tous ces monstres du cinéma français [Gérard Depardieu, Alain Delon...]. » 


MODERN LOVE (2008)

« C’est une comédie musicale qui a plus ou moins bien marché, mais qui a été diffusée à la télé en France encore la semaine dernière. J’avais eu du fun à jouer dans ce film. Le réalisateur [Stéphane Kazandjian] était très agréable, et Alexandra Lamy est une très bonne comédienne et une super collègue de travail. Ç’a donné une petite comédie romantique légère. »


FATAL (2010)

« Cette comédie n’est jamais sortie au Québec, mais en France, elle est devenue culte. Personnellement, c’est un film que j’aime beaucoup. Les Français m’en parlent toutes les semaines. Ç’a été un succès énorme là-bas. » 


OMERTÀ (2012)

« C’était un rôle le fun à faire parce que c’était un contre-emploi, rappelle Rousseau. Je jouais un bad boy. J’étais content de me retrouver avec Patrick Huard sur un plateau de tournage et que Luc Dionne, qui est un vieux copain, pense à moi pour ce personnage. C’était aussi très drôle de tourner avec Paolo Noël et René Angélil. » 

Une pause bénéfique   

Il y a cinq ans, Stéphane Rousseau décidait de prendre une pause de la scène après avoir présenté son dernier spectacle pendant quatre ans en France et au Québec. Il estime aujourd’hui que ce temps de repos loin des planches lui a été bénéfique.

« Ça m’a fait du bien, confie l’acteur et humoriste. J’en avais besoin, pour me recentrer. Parce que je pense que je m’étais un peu dénaturé à force de jouer de l’autre côté [de l’océan]. Je revenais ici et on dirait que j’avais un peu perdu mes repères et que j’étais un peu à côté de mes pompes, comme disent les Français. De l’autre côté aussi, j’étais devenu un peu le Québécois de service. Quand tu arrives sur le plateau et qu’on te dit : “Voulez-vous du sirop d’érable ?” ça devient fatigant à la longue. Revenez-en ! Et après, quand tu reviens ici, on te dit que tu as pris un petit accent français. J’avais comme le cul entre deux chaises et ça m’embêtait. Ce n’était plus confortable. »

Au cours des dernières années, Rousseau a donc pris du temps pour se ressourcer et pour se consacrer à son rôle de père. Il en a aussi profité pour réaliser un vieux rêve en présentant une exposition de ses toiles.

Vidéos comiques

Puis, au début de la pandémie, le goût de jouer et de faire rire est revenu. L’humoriste a commencé à tourner des vidéos comiques qui ont fait fureur sur les réseaux sociaux.

« Je pense que ç’a eu des répercussions parce qu’on dirait que c’est à ce moment-là que le téléphone s’est remis à sonner, observe-t-il. Je ne sais pas si c’est un hasard mais les vidéos circulaient et faisaient beaucoup jaser et les gens ont commencé à me voir différemment. » 

« Peu de temps après, j’ai décroché toutes sortes de contrats : un rôle dans la série Sans rendez-vous avec Magalie Lépine-Blondeau, la narration d’une série animalière à ICI Explora, un petit caméo dans De Pierre en fille, un poste de juge-enquêteur à Chanteurs masqués [la nouvelle émission de variétés de TVA]... Ce n’était pas du tout calculé mais on dirait que tout est arrivé en même temps. Mais c’est souvent comme ça ce métier-là. Ça fonctionne par vagues... »