/news/society
Navigation

visages de notre histoire: portrait d’Édouard-Zotique Massicotte

visages de notre histoire: portrait d’Édouard-Zotique Massicotte
Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal

Coup d'oeil sur cet article

Passionné du patrimoine montréalais

Si l’on peut aujourd’hui retrouver tant d’images du Montréal ancien, c’est grâce à Édouard-Zotique Massicotte, archiviste, historien, écrivain et passionné du patrimoine montréalais et québécois. Né en 1867 à Sainte-Cunégonde (un secteur qui correspond à peu près à la Petite-Bourgogne, aujourd’hui), il aura aussi pour frère l’illustrateur bien connu Edmond-Joseph Massicotte. Il se forme d’abord en droit, mais pratique peu. Pourtant, ses talents d’archiviste le mènent en 1911 à diriger les archives judiciaires de Montréal, alors situées dans l’ancien palais de Justice, rue Notre-Dame. Mais la vraie contribution de Massicotte réside plutôt dans le folklore et la littérature du Canada français. Son amour des lettres le pousse vite vers le journalisme et l’écriture. Il écrit dans divers journaux, dont Le Monde illustré, où on retrouvera aussi plusieurs des gravures les plus connues de son frère, illustrant parfois ses propres poèmes. 

RÉALISATIONS 

L’amour des mots 

visages de notre histoire: portrait d’Édouard-Zotique Massicotte
Photo courtoisie de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Dans ce même Monde illustré, en 1891, Édouard-Zotique Massicotte se décrit lui-même comme un « caractère étrange, tour à tour pensif, joyeux, sarcastique ou sérieux... On remarque chez lui la passion de la phrase sonore et ciselée ». Cet amour de la langue se traduit dans ses écrits et même dans le jeu. Mais il est surtout l’un des premiers folkloristes du Québec, un travail qu’il concrétise encore plus avec l’anthropologue Marius Barbeau, dès 1917. Massicotte pratique quelque temps le théâtre et rencontre Ovila Légaré, qui présentait au Monument national les Veillées du bon vieux temps. Aussi fondateur de l’École littéraire de Montréal, certains de ses textes de jeunesse, inspirés des styles littéraires français, sont parmi les plus avant-gardistes pour la société canadienne-française de l’époque. Son dynamisme créatif agite le milieu culturel de son temps et il contribue à rattacher la société à son propre folklore national. 

HÉRITAGE 

Un archiviste qui laisse sa trace !

visages de notre histoire: portrait d’Édouard-Zotique Massicotte
Photo courtoisie de la American Library of Congress

Au cours de ses recherches, Massicotte constitue aussi des albums de photos et de coupures de journaux qu’il classe par rue et qu’il annote au crayon à mine. Ces « albums de rues » montrent le Montréal de 1870 à 1920. Ils permettent de documenter d’anciens édifices et des secteurs de la ville qui ont bien changé depuis ! Il réalise aussi une série de photos des croix de chemin qui ornent les routes de campagnes environnantes de Montréal. Massicotte, avec ses albums, ses photos, ses écrits et ses recueils de contes folkloriques, aura laissé une masse importante de documentation pour les générations à venir. À la fois modeste et fantaisiste, libre-penseur et néanmoins attaché à certains classiques, sa personnalité fait de lui un touche-à-tout hors pair ! Ayant amassé une telle quantité de documents, il craint qu’un désastre n’emporte le fruit du labeur de toute sa vie. Il lègue ses collections à la bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis. Aujourd’hui conservées à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et facilement accessibles, on les consulte toujours !