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Déluge du Saguenay: «J’avais une grande peine, puis aussi une révolte»

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Guylaine Simard, qui dirige le Musée du Fjord, avait 39 ans lors du déluge du Saguenay, en 1996 et était aux premières loges de cette terrible tragédie. 

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Il y a 25 ans, le secteur de Grande-Baie était submergé par la Rivière Ha! Ha! et emportait plusieurs dizaines de maisons, en plus de faucher la vie de deux jeunes enfants, Andréa et Mathieu Paquet-Garceau, âgés respectivement de sept et neuf ans.

Guylaine Simard était la voisine de la famille Paquet-Garceau. Encore aujourd’hui, le décès de ces deux jeunes enfants la touche.

Elle se remémore avoir été réveillée le 20 juillet 1996 vers 6h20 du matin par un «bruit vraiment particulier».

«Tout de suite, le téléphone sonne, ma sœur me dit “Vite Guylaine, sors, il y a un glissement de terrain”», a-t-elle expliqué.

En sortant de chez elle, elle a constaté l’ampleur des dégâts.  

  • Écoutez l'entrevue de l'ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:   

«Je vois la maison des Paquet-Garceau qui a été déplacée, je vois la boue qui continue de couler, l’eau, 27 000 tonnes qui ont éventré la maison», s’est rappelée Mme Simard.

Elle se souvient surtout de la tristesse ressentie. «On entendait le drame, on entendait les cris. Tu as l’impression de porter tous les malheurs du monde, et tu te sens d’une impuissance, et l’espoir t’habites, est-ce qu’on pourra les sauver?», a-t-elle souligné.

Elle raconte que les gens du quartier, agglutinés près de la maison des Paquet-Garceau, pleuraient silencieusement en espérant que les pompiers arrivent à retrouver les deux enfants vivants.

«J’avais une grande peine, mais aussi une grande révolte. Je trouvais que ça n’avait aucun sens, qu’une histoire comme ça arrive», s’est souvenue la résidente de La Baie. 

  • Écoutez l'entrevue avec Yvan Giguère, ex-professeur de français et poète qui a vécu le déluge du Saguenay de près sur QUB radio :   

Toujours dans le même quartier

Guylaine Simard n’a jamais quitté son quartier, même après avoir évacué l’endroit lors du déluge, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Elle et son conjoint ont bel et bien tenté de vendre leur maison, mais ont eu toute la misère du monde à trouver des acheteurs.

Sur les lieux de la tragédie, elle a expliqué que les maisons rasées par les eaux n’ont jamais été reconstruites, mais que le quartier est très sécuritaire aujourd’hui.

«Avant, c’était un quartier familial avec plein d’enfants pleins de vie qui couraient partout, on entendait les rires», a précisé Mme Simard.

Elle a affirmé avoir gardé une peur des glissements de terrain, et ce, même plus de 20 ans après la tragédie.

«Mon quartier, je l’ai moins aimé. J’en ai voulu à la fatalité de la vie. Ensuite, je ne voulais plus voir de scène d’horreur», a confié Guylaine Simard.

«C’est une guérison qui est très longue, parce que cette histoire nous habite toujours. Je pense beaucoup aux enfants, surtout à Jason [NDLR : le seul enfant survivant de la famille Garceau-Paquet], il est souvent dans mes pensées», a soutenu la survivante du déluge.